Comment Voltalia va décarboner Maripasoula en Guyane

L’opérateur Voltalia a annoncé fin août 2022 la construction d’une centrale hydraulique au fil de l’eau à Maripasoula en Guyane, au cœur de la forêt. Elle va permettre de réduire les émissions de CO2 de plus de 18 000 tonnes chaque année.

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Traversée du Maroni, entre Maripasoula (Guyane) et le Suriname
Maripasoula (ici la traversée du Maroni entre cette commune de l'Ouest de la Guyane et le Suriname) est isolée des grands axes de circulation comme des infrastructures.

Malgré les difficultés, la Guyane voit fleurir des projets d’énergies renouvelables exemplaires. Après la construction du premier parc photovoltaïque à stockage hydrogène d’HDF Energy, qui fournira de l’électricité même la nuit, l’opérateur Voltaia annonce qu’il va « effacer l’importation et la consommation de 6 millions de litres de gasoil chaque année » avec un projet hydro audacieux.

L’opérateur va en effet construire une centrale hydroélectrique au fil de l’eau, d’une puissance de 2,9 mégawatts, sur la rivière Inini au lieu-dit Saut-Sonnelle dans la commune de Maripasoula, dans la vallée du Maroni, en Guyane. « C’est une zone isolée, éloignée de la côte et non raccordée au réseau électrique, mais en pleine croissance démographique et économique », précise Sébastien Clerc, le PDG de Voltalia. Difficilement accessible, Maripasoula est pour l’instant alimentée en électricité par une centrale thermique d’EDF qui nécessite l’importation annuelle de 6 millions de litres de gasoil, acheminés par camion puis par pirogue.

Mise en service en 2026 pour 30 ans

La centrale hydraulique, qui doit entrer en service en 2026, produira 12,7 gigawattheures par an, de quoi alimenter les 11 000 habitants de la commune et se substituer à la centrale EDF « qui restera en back-up », explique le PDG de Voltalia. La centrale hydro évitera l’émission de 18 000 tonnes de CO2 par an. Le contrat de vente d’électricité produite par la centrale, signé avec EDF SEI, est de trente ans. Mais comme tout projet hydroélectrique, son impact environnemental n’est pas neutre. Voltalia a prévu d’investir 1,1 million d’euros dans un programme de préservation de la forêt environnante, la création d’une zone de frai de poissons et le suivi écologique de la faune, de la flore, des sédiments et de la qualité de l’eau en amont et en aval de l’ouvrage.

Voltalia (1300 salariés, 398 millions d’euros de chiffres d’affaires) a un projet du même type juste de l’autre côté de la frontière avec le Brésil. En Guyane, l’opérateur exploite déjà depuis 2005 la centrale hydraulique au fil de l’eau de 4,5 MW de Saut Maman Valentin à Mana, depuis fin 2020 une centrale biomasse de 5,1 MW à Cacao, mais aussi la première unité de stockage électrique à Mana. Toujours à Mana, Voltalia a également remporté en 2021 un appel d’offres pour la construction d’une centrale solaire avec stockage de 5 MW et 9,3 MWh de batteries.

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