La France, grande absente des travaux de la COP26 sur l’automobile

À la COP26, le thème de la voiture zéro émission rassemble peu. La France et les constructeurs français n’ont pas signé la déclaration qui est ressortie des travaux.

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Renault Elexent recharge électrique flottes entreprises
Plusieurs constructeurs automobiles ont signé une déclaration commune à l'occasion de la COP 26. Renault et Stellantis n'y figurent pas.

La COP26 n’accouche que d’engagements timides du côté de l’automobile. Mercredi 10 novembre, plusieurs gouvernements et constructeurs ont publié une déclaration commune sur l’accélération du déploiement des voitures zéro émission. « Nous nous efforcerons de faire en sorte que toutes les ventes de voitures et de vans neufs soient à zéro émission au niveau mondial d'ici à 2040, et au plus tard en 2035 sur les principaux marchés », peut-on lire dans la déclaration.

Problème : en 2020, les pays qui immatriculaient le plus de voitures particulières neuves étaient la Chine, suivie des États-Unis, du Japon puis de l’Allemagne. Or, aucun de ces pays n’a signé le texte. De quoi susciter les critiques des associations de défense de l’environnement, qui regrettent également l’absence d’un autre Etat sur ces engagements… La France.

Renault et Stellantis aux abonnés absents

« En l'absence de la Chine, des États-Unis, de l'Allemagne et de la France, il faudra plus qu'une déclaration non-contraignante pour assainir la plus grande source de pollution dans les transports », dénonce, dans un communiqué, Transport & Environment (T&E). Si certaines métropoles ont signé la déclaration, à l’instar de New York (États-Unis) et de Séoul (Corée du Sud), les villes françaises n’apparaissent pas non plus.

Du côté des constructeurs, c’est le même constat. Le leader mondial Toyota et le numéro deux Volkswagen sont absents. Tout comme l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et Stellantis. L’initiative a tout de même fédéré six gros industriels : le chinois BYD Auto, les groupes américains Ford et General Motors, le britannique Jaguar Land Rover, l’allemand Mercedes-Benz et le suédois Volvo.

Clivage autour des hybrides

Comment expliquer l’absence française ? Interrogé par France Inter, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire botte en touche. « Je ne suis pas au courant de cet accord », lâche-t-il. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, fournit plus d’explications au Monde. « Il est compliqué pour nous de rejoindre cette campagne alors que l’on a des négociations au niveau européen sur la question des véhicules hybrides », argumente la ministre.

La déclaration de la COP26 exclut effectivement les véhicules hybrides puisqu’elle parle des véhicules zéro émission « au pot d’échappement », autrement dit les véhicules 100% électriques ou à hydrogène. Or, la France espère repousser la fin des véhicules hybrides rechargeables, dans lesquels elle voit une solution de transition.

Contactés par L’Usine Nouvelle, Renault et Stellantis n’ont pas souhaité commenter la déclaration de la COP26. Stellantis rappelle ses propres objectifs, dévoilés en juillet : atteindre 70% de véhicules électriques ou hybrides en Europe vers 2030 sur le segment des voitures particulières. La marque Renault vise quant à elle 90% de véhicules électriques en Europe en 2030.

Grand défenseur de l'hybride, Toyota est revenu plus longuement sur son choix de ne pas signer la déclaration. « L’état des infrastructures, les politiques industrielles et les attentes des consommateurs varient entre chaque pays, entre chaque région du monde. [...] Lorsque toutes les conditions sont réunies, nous nous tenons alors prêt à accélérer et soutenir le développement des solutions "zéro émission" appropriées. Or dans certaines régions du monde, comme l’Asie, l’Afrique, le Moyen Orient etc… ces conditions ne sont pas toujours réunies », développe le groupe japonais. « Bien que non signataire de cette déclaration, nous en partageons l‘esprit, nous partageons également la détermination des signataires à s’attaquer aux enjeux climatiques et nous tenons prêts à collaborer avec eux », ajoute l'entreprise qui dispose d'une usine à Valenciennes (Nord).

Le Royaume-Uni accélère dans les poids lourds

Chez les signataires de la déclaration, on retrouve 33 gouvernements, dont celui de l’Inde (quatrième marché automobile mondial en 2020), du Royaume-Uni, du Mexique et de la Turquie. Près de trente propriétaires de flottes ont également apposé leur signature, comme Siemens et Uber. T&E a aussi salué un objectif dévoilé séparément par le Royaume-Uni. Le 10 novembre, le pays a annoncé son intention d’atteindre 100% de poids lourds neufs zéro émission à l’horizon 2040.

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