C'était une question de survie : les fabricants de batteries ACC et Verkor décrochent une subvention cruciale de l'Europe

Deux projets français de fabrication de batteries pour véhicules électriques, ACC et Verkor, vont toucher d'importantes subventions de l'Union européenne nécessaires à leur survie.

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Gigafactory ACC
Vue aérienne du site de production de batteries ACC (Automotive Cells Company) a Billy-Berclau (Pas de Calais). L'entreprise pourrait toucher de l'Europe une subvention autour de 200 millions d'euros pour soutenir la montée en cadence de sa production.

L’horizon financier s’éclaircit pour ACC et Verkor. Ces deux fabricants hexagonaux de cellules de batteries pour véhicules électriques font partie de six projets retenus par la Commission européenne dans le cadre de son Fond pour l’innovation. Ce dispositif vise à soutenir des projets de rupture technologique en utilisant les recettes du système communautaire d'échange de quotas d'émission (SEQE-UE, plus connu sous son acronyme anglophone EU-ETS). En 2025, son enveloppe globale s’élève à 852 millions d’euros.

Sa mise en place était attendue avec impatience par les entreprises, pour qui cet appel à projet – lancé en fin d’année 2024 et clos à la fin du mois d’avril – représente une première réponse de l’Union européenne aux difficultés du secteur de la batterie. Face à la complexité pour les industriels de construire et opérer de manière efficace et rentable des cathédrales industrielles, l’Europe a promis 3 milliards d’euros pour consolider la filière sur l’ensemble de la chaîne de valeur lors de la présentation de son plan d’urgence en mars.

La start-up Verkor, qui doit entamer la fabrication de ses cellules d’ici à la fin de l’année dans sa gigafactory de Dunkerque (Nord), va bénéficier de subventions, mais ne communique pas le montant de l’aide qu’elle pourrait toucher. ACC, dont la première tranche de 15GWh est déjà en partie opérationnelle à Douvrin (Pas-de-Calais), devrait également recevoir une importante somme d’argent.

«Un signal fort»

De source proche du dossier, l’aide tournerait autour des 200 millions d’euros, libérables en plusieurs tranches au plus tôt au premier trimestre 2026 et jusqu’au début de l’année 2027. Contactée, l’entreprise ne commente pas le montant de sa potentielle subvention, mais salue «un signal fort de l’Europe pour aider la filière», «résultat d’une mobilisation collective assez impressionnante» des autorités françaises.

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Son secrétaire général, Matthieu Hubert, salue l’ouverture d’esprit dont fait preuve la Commission européenne dans ce processus, «rationnelle, moins orthodoxe que d’habitude sur le contenu des projets». Ces derniers doivent à l’origine stimuler l'investissement dans des technologies de pointe. Certes, ACC cherche à innover dans ses processus de production, mais travaille sur la mise à l’échelle d’une technologie de batterie lithium-ion NMC (nickel-manganèse-cobalt) largement éprouvée sur d’autres continents et pour laquelle l’Europe cherche à combler son retard.

«Les projets sélectionnés représentent des investissements stratégiques qui soutiendront la transition de l'Europe vers une base industrielle propre, compétitive et résiliente, réduisant en même temps la dépendance à l'égard des importations et encourageant le développement de technologies propres et d'un leadership industriel», justifie l’exécutif communautaire dans un communiqué, qui mentionne par ailleurs que les entreprises pourront utiliser cet argent dans le cadre de «leurs dépenses d'investissement et leurs dépenses opérationnelles».

Vers une aide directe à la production ?

Une demande reste en suspens pour les industriels : une aide directe à la production, c’est-à-dire un montant alloué par kWh produit. ACC notamment le demande de longue date et espère convaincre les autorités supranationales de mettre en place un tel dispositif dans les années à venir. Cette mesure n’a toutefois un sens qu’à partir du moment où l’industriel sera en mesure de produire à cadence très élevée ses modules de batteries, pour baisser ses coûts de production.

ACC, qui a inauguré sa gigafactory en juin 2023, peine toujours à exploiter le plein potentiel de son usine. L’entreprise soutenue par Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies invoque notamment des contrôles qualités effectués jusqu’à présent hors ligne de fabrication et qui ralentissent donc le débit. Ce verrou doit sauter au cours de l’été. De sources concordantes, l’industriel a également éprouvé de nombreuses difficultés à l’étape chimique du processus de production.

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