Portrait

La feuille de route de Philippe Gruat, nouveau président de l'AIMCC (industries des produits de construction)

Philippe Gruat préside désormais l’Association française des industries des produits de construction (AIMCC), à la tête de laquelle il a remplacé Hervé de Maistre début avril. Pour L'Usine Nouvelle, il balaie les principaux enjeux du secteur : les tensions sur les approvisionnements, la RE2020, le BIM et l’optimisation du “time to market”.

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Ciment et parpaings
Philippe Gruat a remplacé Hervé de Maistre à la présidence de l'AIMCC, au moment où l'industrie des produits de construction doit se pencher sur son empreinte carbone en vue de l'application prochaine de la RE2020.

Nommé, début avril, président de l’Association française des industries des produits de construction (AIMCC), Philippe Gruat, qui en était vice-président depuis 2018, prend ses fonctions dans un contexte de tensions sur les approvisionnements. “La crise sanitaire a provoqué plusieurs phénomènes. En 2020, plusieurs gros sites industriels se sont arrêtés à travers le monde. Il y a eu un ralentissement fort, puis la reprise totalement inattendue a créé un déséquilibre. La circulation des matériaux importés est par ailleurs difficile. Malheureusement, cela se traduit aussi par des tensions sur les prix. À moyen et long terme, il faut retrouver une indépendance nationale la plus forte possible”, explique le nouveau dirigeant.

Philippe GruatAIMCC
Philippe Gruat Philippe Gruat

Regroupant les fédérations et les syndicats d’industriels de matériaux pour la construction, l’AIMCC représente un secteur d’environ 7000 entreprises (430 000 salariés), qui ont généré 45 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019. Tout en haut de sa feuille de route, Philippe Gruat a placé la transition écologique, avec la mise en œuvre de la RE2020 en janvier 2022. “Cet objectif est partagé par l’ensemble des industriels. Il faut leur en donner les moyens pour que les industries les plus carbonées soient en confiance pour investir”, estime-t-il. Le lancement d’une REP dans le secteur des matériaux du bâtiment, au début de l’année prochaine, s’inscrit dans cette nécessaire conversion “verte”. 

“La formation au BIM n’est pas une option”

L’optimisation du “time to market” fait également partie des enjeux majeurs. “La mise sur le marché de nouveaux produits est souvent très lente. C’est lié à la lourdeur de la chaîne entre la fabrication d’un matériau et son emploi par les utilisateurs finaux. Nous nous efforçons de raccourcir ces délais. La R&D universitaire, les grandes écoles et les centres techniques industriels travaillent sur ce sujet”, aux côtés de l’institut Carnot Matériaux et équipements pour la construction durable (MECD).

L’accélération de la transition numérique du secteur est aussi au programme : “si les industriels ne s'emparent pas de cette révolution numérique, le BTP lui-même ne le fera pas”. L’élargissement des données communiquées sur les produits doit y contribuer. Un tournant qui passera également par davantage de formation, “pas seulement aux niveaux Bac+5 à Bac+7, mais aussi en BTS et dans les compétences dès la première formation. Il faut une demi-génération pour induire un changement profond. En 2000, on disait qu’internet n’arriverait jamais dans le bâtiment. Le BIM est bien passé dans la formation initiale, mais pas assez dans la formation continue. Les artisans, notamment, ont ces besoins, mais n’ont pas forcément le temps et la proximité nécessaire”, constate Philippe Gruat. 

Un parcours dans les matériaux de construction

A l’ESITC de Caen (Calvados), une école d’ingénieurs qu’il préside et qui va ouvrir un campus à Lyon (Rhône) en septembre, “l’enseignement du BIM n’est pas une option”, insiste-t-il. Il ne s’agit que d’une des casquettes de cet ingénieur diplômé de l’Ecole supérieure des travaux publics et de l’Essec, qui a effectué l’essentiel de sa carrière dans les industries des matériaux de construction.

Philippe Gruat a commencé dans la distribution, au début des années 1980, chez Point P et Cedeo (filiales de Saint-Gobain), avant de passer chez Air Liquide, où il s’est intéressé à l’expérience client, en tant que directeur marketing, avant de rejoindre Lafarge, toujours au marketing. Entreprise dans laquelle il a occupé le poste de  directeur général de l’activité granulats. De retour chez Saint-Gobain Distribution Bâtiment France comme directeur général adjoint en 2009, il a quitté en 2014 ses  fonctions opérationnelles pour devenir administrateur de plusieurs sociétés du secteur.

Il a assuré la présidence de la Fédération de l’industrie du béton de 2015 à 2019, et la présidence du Centre d'études et de recherches de l'industrie du béton (Cerib) de 2015 à 2020. Cette année, son mandat de président de la filière Béton (Unicem, Sfic, FIB), s’achèvera. Il continue, en parallèle, à diriger Agyre, une entreprise de conseil en économie circulaire dans la construction. Le prédécesseur de Philippe Gruat à la tête de l’AIMCC, Hervé de Maistre, qui dirigeait Placo et Isover chez Saint-Gobain, va pour sa part se consacrer à “un projet d’éco-organisme pour les matériaux de construction” lancé par l’industriel français.

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