L'Union européenne débloque 2 milliards d'euros pour fournir des obus à l'Ukraine

Réunis à Bruxelles lundi 20 mars, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l'Union européenne ont annoncé un plan de 2 milliards d'euros. Il doit permettre de livrer à l'Ukraine un million d'obus. Pour atteindre cet objectif, les Etats membres vont devoir puiser dans leurs stocks, passer des commandes communes et augmenter la capacité de production de leurs usines d'armement.

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Nexter canon caesar 6x6
Les obus de 155 mm servent notamment à équiper les canons Caesar fabriqués par Nexter.

Plus d'un an après le début de la guerre en l'Ukraine, le soutien militaire de l'Union européenne ne faiblit pas. Pour aider les soldats ukrainiens à résister à l'envahisseur russe, les Vingt-sept prévoient même d'augmenter leurs livraisons d'obus. A l'occasion d'une réunion à Bruxelles (Belgique), les ministres de la Défense et des Affaires étrangères des Etats membres ont ainsi décidé de débloquer deux milliards d'euros, tirés du fonds intergouvernemental de la Facilité européenne pour la paix. «Nous devons aider l'Ukraine plus et plus vite, en accélérant les livraisons d'armes», a résumé lors du sommet Catherine Colonna, ministre française des Affaires étrangères.

15 entreprises accompagnées

Sur cette somme, un milliard d'euros sera utilisé pour rembourser aux Etats membres les munitions prélevées sur leurs stocks, qui commencent à s'amenuiser. Le second milliard servira à réaliser des achats communs afin de fournir à l'Ukraine environ un million d'obus de 155 mm supplémentaires (nécessaires pour équiper ses canons Caesar ou ses lance-roquettes Himars par exemple) et des missiles de défense antiaérienne. Le plan de l'UE prévoit également d'augmenter les capacités de production des entreprises d'armement européennes, qui peinent pour l'instant à suivre le rythme.

«On a identifié 15 entreprises dans 11 pays. Je vais toutes aller les voir, a déclaré le 20 mars le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, alors qu'il visitait des usines des fabricants Nexter et MBDA. L'augmentation de la capacité industrielle est primordiale. Il faut passer en mode économie de guerre ». A titre de comparaison, Nexter ne produit actuellement "que" 50 000 obus de gros calibre par an dans son usine de Bourges (Cher), soit à peu près ce que consomment les forces ukrainiennes en dix jours...

Favoriser les relocalisations

Malgré les fonds alloués à l'effort de guerre, la montée en cadence des usines européennes risque de prendre un certain temps. Avant d'investir dans de nouvelles chaînes de production, les industriels voudront s'assurer que les pays de l'UE continueront à passer commande une fois la guerre terminée. De plus, la hausse des coûts de l'énergie, la pénurie de matières premières et le manque de compétences viennent compliquer ce grand redémarrage.

Pour gagner en souveraineté et mieux soutenir l'Ukraine, l'Europe devrait aussi multiplier les projets de relocalisation. En France, le spécialiste des explosifs Eurenco a déjà annoncé un investissement de 60 millions d'euros destiné à créer une ligne de production de poudres pour gros calibres à Bergerac (Dordogne). Une étiquette tricolore qui engendra d'importants surcoûts, notamment financés via les 400 milliards d'euros que le président Emmanuel Macron souhaite accorder à la Défense sur la période 2024-2030.

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