Permettre au public de connaître les enjeux liés à une future implantation d’un technocentre EDF, à côté de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). C’est ce que propose le débat public qui s’ouvre le 10 octobre et se terminera le 7 février 2025. Il est porté par la Commission nationale du débat public, à la demande d’EDF. Plusieurs thèmes seront abordés pendant cette période, à commencer par les enjeux industriels du projet. Le technocentre est destiné à recycler des métaux très faiblement radioactifs (TFA) issus du démantèlement des installations nucléaires. Il doit aussi permettre la maintenance du parc de production, pour les transformer en lingots de fonte ou d’acier conventionnel d’une vingtaine de kilos.
Une valorisation possible depuis le décret du 14 février 2022. «C’est un enjeu industriel majeur: fondre du métal qualifié de faiblement radioactif, cela se fait déjà dans une filière EDF en Suède, mais à cette échelle, sur ce territoire, ce serait une première», souligne Jean-Louis Laure, président de la commission particulière du débat public.
L’ouverture de la consultation a pour vocation d’informer le public le plus largement possible. Plusieurs rencontres et réunions publiques sont prévues à cet effet, des visites du site du Centre industriel de regroupement, d'entreposage et de stockage (Cires) dans l’Aube et du site projeté du technocentre sont programmées. Des modules d’information spécifiques seront élaborés à destination des personnes âgées, des étudiants, des collégiens. Le débat public est aussi ouvert aux Allemands, concernés par ce projet proche de la frontière. Un webinaire programmé le 17 octobre détaillera le processus décisionnel. À l’issue du débat, la commission particulière publiera un compte rendu et formulera des recommandations à EDF. L’entreprise rendra ensuite sa propre analyse et annoncera sa décision. «La consultation publique ne donne pas de pouvoir de décision au public, mais permet de l’associer à celle qui sera prise par les autorités», rappelle Jean-Louis Laure.
Près de 200 emplois potentiels
Pour discuter du projet, dont l’emplacement est prévu sur une emprise de 15 hectares à côté de la centrale actuellement en phase de pré-démantèlement, une centaine d’acteurs ont été associés à la préparation du débat public. Parmi eux, les collectivités locales, les représentants de l’État, les associations antinucléaires et de protection de l’environnement, les acteurs du nucléaire comme Orano et le CEA. Plusieurs questions ont déjà été posées par les associations sur les enjeux de santé publique, et les possibles impacts environnementaux sur la nappe phréatique, la biodiversité, la qualité de l’air. Le débat permettra aussi d’aborder la question du transport des matières issues de différentes installations nucléaires de France et d’autres pays européens, jusqu’au technocentre.
L’enjeu économique est évidemment de taille. Le projet de territoire qui devait préparer «l’après» centrale n’a pas tenu toutes ses promesses et les élus locaux attendent une activité qui pourrait compenser l’arrêt définitif de la centrale, en 2020. Le technocentre pourrait créer 200 emplois, estime EDF et le gisement est estimé à 500000 tonnes, sur environ 40 ans. «Nous avons une volonté forte de rester un acteur majeur du territoire, sur la thématique du nucléaire postproduction, avec d’une part, le démantèlement et d’autre part, le recyclage de métaux faiblement radioactifs», a souligné Laurent Jarry, directeur du site EDF de Fessenheim et du débat public sur le projet du technocentre.



