Basé à Chusclan, près du site nucléaire gardois de Marcoule, le nouveau technocentre laser du spécialiste du démantèlement Onet Technologies (3000 salariés dont 160 à Marcoule, siège à Marseille) a été inauguré le jeudi 3 octobre par le directeur général Alain Gauvin et la présidente du directoire du groupe Onet Émilie de Lombarès. Logé dans un immeuble bâti fin 2022, le technocentre, équipé en 2023, se focalise sur la découpe au laser en environnement nucléaire, donc de matériaux très épais en conditions extrêmes. Sa vocation : être un centre d’essai, de recherche et développement, et une vitrine de la technologie.
Les premiers essais ont été menés au technocentre fin novembre 2023 dans le cadre d’un partenariat avec Graphitech, coentreprise de Cyclife (EDF) et Veolia Nuclear Solutions. Début 2024 a été mise en service la fosse en eau, car la technologie laser est utilisable sous l’eau comme dans l’air. Une démonstration de découpe sous l’eau a d’ailleurs été menée lors de l’inauguration.
Le technocentre de Chusclan a aussi accueilli fin mai l’achèvement du programme du consortium européen LD-SAFE, coordonné par Onet Technologies sur l’utilisation de la technologie laser pour le démantèlement nucléaire. Financé par la Commission européenne pour 2,8 millions d’euros, LD-SAFE réunissait depuis 2020 Onet Technologies, le CEA et l’IRSN pour la France, Equans (Belgique), Vysus Group (Suède) et Westinghouse-Technatom (Espagne).
Gain en temps, coût et sécurité
Onet Technologies indique à L’Usine Nouvelle avoir investi plus de 1,5 million d’euros sur fonds propres dans la technologie laser téléopéré. Il la déploie depuis fin 2015, avec pour première opération le chantier de démantèlement de l’Usine UP1 (usine de plutonium n°1) du centre CEA de Marcoule. Une première mondiale de démonstration grandeur nature d’un démantèlement de composants très actifs avec la technologie laser. L’entreprise met en avant plus de 100 jours cumulés d'exploitation laser sur chantier, plus de 500 tirs laser réalisés. Elle prépare le déploiement de la technologie laser pour le démantèlement des circuits périphériques du cœur de l’ancien réacteur EDF de Brennilis, en Bretagne, arrêté en 1985. Onet Technologies cite aussi des essais menés avec Graphitech dans le cadre du démonstrateur industriel d’EDF à Chinon, pour utiliser le laser afin de démanteler les cœurs de réacteur UNGG (uranium naturel graphite gaz).
Onet Technologies affirme que dans un marché où le démantèlement doit s’industrialiser, la solution laser L.DCom permet de «réduire les cycles globaux de découpe des équipements à démanteler, tout en étant beaucoup plus fiable que les technologies utilisées historiquement pour ces opérations», soit des découpes mécaniques, plasma ou à jet d’eau abrasif. L’entreprise espère atteindre une réduction de 50% des coûts et de 30% de la durée des opérations de démantèlement des composants internes des réacteurs nucléaires. Elle ajoute que des opérations manuelles moins nombreuses entraînent un l’impact positif sur la sécurité des opérateurs.
Onet Technologies juge les perspectives de développement importantes sur deux marchés : la déconstruction des anciennes installations du cycle du combustible et celle des anciens réacteurs nucléaires de production d’électricité. Ces marchés se situent en France et à l’international, dont au Japon sur le site de Fukushima-Daïshi, mais aussi au Royaume-Uni, en Belgique ou au Canada.
Pour les curieux : Onet Technologies a même conçu une formation gratuite en ligne sur la «Découpe laser pour le démantèlement des réacteurs nucléaires».



