A partir du 1er mars, l'origine de la viande devra être affichée dans tous les restaurants. Le décret, paru le 27 janvier, est un soulagement pour les acteurs de la filière, notamment avicole. Depuis plus de trois ans, ils demandaient la mise en place de cet étiquetage pour lutter contre les importations massives, notamment dans la restauration collective.
Selon les données communiquées par la Fédération Française des industriels avicoles, 80% de la viande de volaille consommée hors domicile serait d'origine étrangère.« Nous jugeons indispensable que toutes les volailles et tous les produits vendus en France dans la distribution, mais aussi dans la restauration collective, bénéficient d’un étiquetage de l’origine des produits. C’est le seul rempart contre une importation sauvage de produits non-identifiés », expliquait, en octobre dernier à L'Usine Nouvelle, Jean-Michel Schaeffer, président d’Anvol, l’interprofession de la filière avicole.
Changer les comportements d'achat
La mesure adoptée le 27 janvier ne concerne pas la filière bovine. Depuis l’épisode de la vache folle, cette dernière est déjà soumise à l'obligation d'étiquetage. L’indication d'origine des autres viandes est, quant à elle, obligatoire depuis le 1er avril 2015 dans les produits transformés et les produits vendus en grande et moyenne surface. La restauration n’était jusqu'alors pas concernée. Le décret adopté par le gouvernement prévoit désormais que « l'étiquetage de l’origine des viandes devra mentionner le pays d’élevage et le pays d’abattage, qu’il s’agisse de viandes fraîches, réfrigérées, congelées ou surgelées ».
« Alors que plus de 50% des viandes consommées dans les cantines scolaires sont importées, connaître l’origine des produits est un premier pas pour faire changer les comportements d’achat dans la restauration hors domicile, et plus particulièrement dans les cantines de nos enfants » précise Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. « Quand les parents verront que leurs enfants mangent du poulet brésilien ou ukrainien, ils mettront la pression sur les cantines pour changer l'approvisionnement » explicite, de son côté, Paul Lopez, président de la fédération française des industries avicoles (FIA). Ce texte est salué comme une victoire pour la filière. Cette dernière demande toutefois à ce que les plats élaborés et transformés soient désormais inclus dans le texte.



