L'Usine Nouvelle - Quel bilan tirez-vous de cet exercice 2024 marqué par des baisses de prix sur vos produits ?
Philippe Teisseire, directeur financier de Fleury Michon - Nous réalisons autour de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires en charcuterie, au trois quarts en porc, le dernier quart étant en poulet. Les volumes sur 2024 sont en légère hausse après des années où la tendance était plutôt à la baisse. C’est lié au fait que nous fournissons une protéine, le porc, qui n’est pas chère dans un contexte d’inflation. La volaille va très fort.
Nous avons deux relais de croissance importants : notre activité de restauration pour les compagnies aériennes, qui pèse désormais environ 100 millions d’euros et notre activité traiteur, notamment avec Paso en Vendée. Le traiteur, autour de 125 millions d’euros de chiffre d’affaires, est notre marché le plus dynamique, avec une croissance de près de 5%.
La marge opérationnelle est toujours à ras les pâquerettes à 1,6%. Quid de la santé financière de l'entreprise ?

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Il y a cinq ans, nous avions perdu le leadership en France sur la charcuterie au profit d’Herta, nous accumulions les pertes au rayon traiteur. Nous étions dans une situation où des business périphériques avaient été développés, par exemple en Italie ou en Slovénie, avec une logique de sortir de la dépendance aux supermarchés français et réduire l’exposition au prix du porc… Sauf que cette diversification n’était pas rentable. La dette nette est de 130 millions d’euros à mon arrivée début 2020.
Depuis cinq ans, nous avons recentré le groupe sur le surimi, la charcuterie et le traiteur. Nous avons choisi d’investir là où nous étions bons : sur des produits industriels démocratiques. Le résultat opérationnel, de 13 millions d'euros, reste modeste, mais il est solide. Nous sommes désormais dans une situation stable avec de la trésorerie. Le groupe est désendetté, recentré sur son métier de base, en capacité d’investir.
Vous avez fait une apparition remarquée au rayon des jambons végétaux...
Nous nous sommes accaparés 70% de ce marché que nous avons fait décoller. C’est une activité rentable, avec une protéine abordable, et une optimisation des Capex car nous utilisons les mêmes outils industriels qu’en charcuterie. Nous ne communiquons pas sur les volumes à date, mais nous lançons une nouvelle référence.
Ce développement sur le rayon végétal, avec des lancements aussi de plats préparés végétariens prévus cette année, procède d’une réflexion stratégique. À l’avenir, les protéines animales vont se renchérir : il est donc pertinent de se positionner sur les produits végétaux pour avoir des gammes avec des prix populaires. Les investissements «marque» cette année sont surtout concentrés sur le végétal, ce qui est aussi lié au fait que nous avons beaucoup investi sur nos gammes de charcuterie ces dernières années.
Comment allez-vous investir la trésorerie liée aux activités cédées ?
Nous avons identifié des grandes thématiques d’investissement. Nous sommes en retard sur la numérisation et la maturité de nos systèmes d’information. Nous souhaitons aussi disposer de trésorerie pour doper la productivité dans nos usines de charcuteries, mais aussi ajouter de la capacité sur nos sites de restauration pour les compagnies aériennes.



