«C’est une grande victoire pour les poulets», pour Ambre Bernard, chargée de campagne agroalimentaire chez L214. Le numéro un français de la volaille, LDC Groupe (à la tête des marques Le Gaulois et Maître Coq), a annoncé le 17 juillet son intention de se conformer aux critères de bien-être animal de l’European Chicken Commitment (ECC, ou engagement européen pour les poulets). Une décision que l’association de défense des animaux L214 qualifie d’«avancée historique» après trois années de campagne.
De meilleures conditions de vie pour les volailles
LDC s’engage à lancer en 2026 de nouvelles gammes ECC pour ses deux marques phares, avec pour objectif une conformité à 100% d’ici à 2028, sous réserve d’une réponse favorable du marché, selon la rubrique «élever durablement» de leur site. Le groupe, qui représente à lui seul 40% de la consommation de volaille en France, promet également de permettre à tous ses clients engagés (ou qui s’engageront) dans cette démarche de respecter les mêmes échéances.
Cet engagement «va concerner jusqu’à 400 millions de poulets chaque année», selon l’association de défense des animaux. En pratique, LDC prévoit de réduire la densité des élevages à 15 poulets par mètre carré (contre 20 actuellement), abandonner les souches à croissance ultrarapide, responsables de troubles musculo-squelettiques et enrichir l’environnement de vie des volailles (lumière naturelle, perchoirs, etc). Le géant agroalimentaire prévoit aussi d’utiliser une méthode d’abattage qui évite l’accrochage des animaux conscients.
Ces critères, explique L214, permettent de réduire jusqu’à 78% du temps passé à souffrir de douleurs «insoutenables» pour les animaux, selon une étude du Welfare Footprint Institute. «Même s’il s’agit toujours d’élevage intensif que nous condamnons, c’est une réduction des pires pratiques», se réjouit Ambre Bernard.

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Un signal pour l’ensemble de la filière ?
L’engagement de LDC intervient après une série d’actions de sensibilisation menées par L214 : enquêtes dans les élevages, rassemblements, pétitions, et notamment l’opération «Tourner le dos au numéro 1 de l’élevage intensif», au cours de laquelle 190000 barquettes de poulet ont été retournées en supermarché. Cette mobilisation citoyenne a, selon L214, été déterminante pour motiver LDC à rouvrir le dialogue débuté fin 2023, débouchant sur l’engagement annoncé.
L214 souligne que plus de 120 entreprises françaises sont déjà engagées dans la démarche ECC. Mais LDC étant le principal fournisseur de nombreuses marques de la grande distribution et de la restauration, l’association espère bien que son engagement fasse boule de neige. «Il n’y a plus d’excuses aujourd’hui pour les autres entreprises», affirme Ambre Bernard, qui appelle notamment Terrena, numéro deux du secteur (avec des marques comme Père Dodu et Douce France), à suivre le mouvement.
Interrogée sur l’impact possible pour le consommateur, L214 estime qu’il n’y a pas lieu de répercuter les coûts sur les prix. «LDC a enregistré 304 millions d’euros de bénéfice net sur l’exercice 2023-2024, l’absorption des coûts de ce changement est de leur responsabilité», martèle Ambre Bernard. Le groupe LDC n’a pas encore détaillé l'effet sur ses tarifs.
L’association précise qu’elle continuera de suivre l’évolution de LDC jusqu’en 2028, via un dialogue régulier, des points de suivi, et la publication de rapports de progrès exigés par l’ECC.



