Le géant français de la volaille LDC, en route vers les 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, confirme sa stratégie

A l’occasion de la présentation de ses résultats financiers consolidés pour l’exercice 2024/2025 le 21 mai, le groupe LDC, champion français de la volaille, s’est montré confiant pour atteindre rapidement les 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. L’entreprise a été flashée à 6,3 milliards d’euros sur l’exercice clôturé.

Réservé aux abonnés
abattoir LDC Maître coq Sable-sur-Sarthe
LDC a investi plus de 300 millions d'euros dans son outil industriel en 2024, principalement en France.

Peu connu du grand public, le géant français de l'agroalimentaire LDC (maison-mère des poulets Loué ou des plats cuisinés Marie) a présenté ses résultats annuels consolidés le 21 mai portant sur la période de mars 2024 à février 2025. Le chiffre d’affaires progresse légèrement, dépassant les 6,3 milliards d’euros, signant une croissance de 2%.

Près d'un milliard d'euros réalisé hors France

La grande majorité de cette activité est réalisée en France où LDC est leader incontesté de la volaille, avec des marques comme Loué. Il pèse aussi au rayon traiteur : Marie profite entre autres du vide laissé par Buitoni du côté des pizzas surgelés pour engranger de la croissance sur ce segment. L'activité réalisée au-delà des frontières, qui pèse désormais presque 1 milliard d’euros, s’est développée de 14%, principalement portée par l'implantation en Pologne.

L’exercice bouclé a été marqué par une légère dégradation de la rentabilité de l’entreprise. L’Ebitda est ramené à 510 millions d’euros, contre 550 précédemment. La marge opérationnelle tombe de 6% à 5%, une conséquence des baisses de prix consenties en rayons. Mais l’essentiel pour LDC est ailleurs : le groupe se montre confiant sur sa capacité à atteindre dès le prochain exercice l'objectif de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, un an plus tôt que prévu.

Six acquisitions en 2024, bientôt une intégration de plus

Pour cela, afin de trouver les 700 millions d’euros manquants, le groupe peut s’appuyer sur son appétit insatiable pour les acquisitions, lui qui a bouclé six opérations sur l’exercice passé. L’intégration sur l’exercice à venir des acquisitions bouclées en cours d’année, et donc partiellement comptabilisées, devrait permettre d’engranger 300 millions d’euros. LDC a notamment réalisé une belle prise en Pologne où il s’est emparé d’un acteur local de la dinde qui réalise plus de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il a aussi bouclé une acquisition en toute fin d’année 2024 en Allemagne dans les plats préparés, une activité qui pèse 77 millions d’euros qu’il espère faire doubler sous cinq ans.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Par ailleurs, LDC a enfin obtenu au mois d’avril 2025 le feu vert de l’Autorité de la concurrence en France pour boucler l’acquisition de Pierre Martinet et renforcer sa présence au rayon traiteur. L’opération, qui devrait être finalisée au 1er juin, apportera plus de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Et les 200 millions restants ? De nouvelles acquisitions ne sont pas du tout exclues. Mais le groupe n’abandonne pas pour autant la croissance organique alors que le chiffre d’affaire a baissé de 1,6% sur l’exercice achevé à périmètre constant, répercussion d’une activité volaille en retrait en France (-1,9%).

Des hausses de prix pour relancer la volaille en France

Pas de recette miracle sur le sujet, LDC espère arracher des hausses de prix à l’ensemble de ses clients, grande distribution en premier lieu (la moitié de ses débouchés en France), la restauration hors domicile (avec la fourniture d’acteurs comme KFC pesant environ un tiers de l'activité), l’export et la sous-traitance industrielle.

En volaille, LDC mise sur une hausse de prix de 6 à 8% selon les produits, en traiteur les demandes sont moindres. Face à une hausse continue de la consommation, LDC indique avoir besoin de cet argent pour faire monter la filière en puissance : il chiffre les besoins à 400 poulaillers pour la volaille de chair et à 3 millions de poules pour les oeufs.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.