La direction du groupe LDC a annoncé fin octobre lors d'un CSE la fermeture de l’abattoir Les Volailles de Blancafort, au nord du Cher, programmée en mars 2025. 116 postes sont directement menacés par cette décision du groupe LDC basé à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), ainsi que les acteurs locaux de la filière, notamment la quarantaine d’éleveurs travaillant pour l’abattoir.
«Le site de Blancafort et toute la filière dinde française subissent de plein fouet l’effondrement de la consommation de viande de dinde, moins 42% depuis 20 ans. Malgré les efforts engagés par la direction et les équipes, le site a accumulé plus de 31 millions d’euros de perte en 9 ans, dont 9 millions d’euros sur le dernier exercice», justifie le porte-parole du groupe LDC qui précise que la société a investi plus de 15 millions d’euros pour «moderniser, tenter de rendre compétitive et pérenniser l’activité».
«Assurer la transition vers le poulet»
La baisse effective de consommation de dinde au profit du poulet par les Français est un constat partagé par Antoine Cerveau, secrétaire général de la FNSEA du Cher. «Notre rôle dans la filière est d’accompagner ces nouvelles habitudes des consommateurs pour adapter notre production vers le poulet, moins cher depuis que les couts de production de dinde ont augmenté. Que l’on soit éleveur ou industriel, on doit s’adapter (…) si cette transition n’est pas faite on fermera les abattoirs les uns après les autres».
Or l’abattoir de Blancafort est le dernier de cette taille en région Centre – le plus proche étant à 250 kilomètres dans la Sarthe - ce qui menace également directement les 44 éleveurs travaillant pour celui-ci. «La Région ne sera plus approvisionnée localement», ajoute le syndicaliste. Et si la direction a débuté des investissements, les volumes et la cadence ont été réduits drastiquement sur le site de Blancafort sans que le virage vers le poulet n’ait été négocié. «Notre unité dont les capacités sont de 60 à 80000 dindes par semaine ont été réduites à 20000 et les intérimaires remerciés. Lorsque l’on fait travailler un tel outil à 30% de ses capacités, il est logique que le groupe n’ait pas réussi à atteindre un équilibre économique», tempête le secrétaire général, pour qui l’abattage de poulet représentait un réel débouché.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Si la direction prévoit un plan d’accompagnement pour «chacun des 44 éleveurs qui approvisionnent actuellement le site , les acteurs locaux comme les élus sont vent debout. Le sénateur du Cher a souligné à La Tribune l’importation actuelle de 50% de poulets consommés par les Français de pays de l’Est européen, de Belgique et des Pays Bas, ainsi que le rachat récent par le groupe LDC du leader polonais de la dinde Indykpol, aux couts de main d’œuvre moindres qu’en France.
La fronde des élus locaux aboutit à une rencontre avec la ministre de l’Agriculture
Sous la houlette du Conseil régional incarné par son Président François Bonneau, les élus locaux s’insurgent contre la décision du groupe volailler, qu’ils qualifient de «véritable catastrophe sociale et économique (…) qui fragilise toute une filière d’élevage». Condamnant cette décision qui «voit directement la survie d’un outil industriel performant menacée», le président de Région s’est adressé au ministre de l’Economie des finances et de l’industrie ainsi qu’à la ministre de l’Agriculture avec un leitmotiv : «user de toutes les possibilités qui nous sont offertes pour trouver un repreneur dans les meilleurs délais et éviter la fermeture d’une entreprise et le licenciement des 119 salariés».
Suite à cette mobilisation, ce jeudi 7 novembre, les représentants syndicaux et élus seront reçus par la ministre de l’Agriculture. «Et le 18 novembre une rencontre est organisée avec le président de la FNSEA qui nous apporte son soutien», ajoute Antoine Cerveau, qui espère «un repreneur qui vienne sur le site et l’accompagne pour monter un vrai projet d’avenir».



