Le groupe agroalimentaire LDC négocie le rachat du producteur de produits traiteur Pierre Martinet

Le groupe spécialisé dans la volaille LDC a annoncé, mardi 28 mai, être entré en négociation en vue de l’acquisition potentielle de 100% du capital du groupe Pierre Martinet, spécialiste de la salade. Le groupe espère grignoter des parts de marchés dans le rayon traiteur… Il investit en parallèle dans son propre outil de production.

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LDC  abattoir de volailles poulets dindes
Le groupe LDC occupe 40% de parts de marché sur la volaille en France.

Le spécialiste français de la volaille veut augmenter sa part du gâteau sur le marché traiteur. Le groupe LDC a annoncé, mardi 28 mai, son entrée en négociation exclusive avec le groupe Pierre Martinet, spécialiste de la salade, pour l’acquisition de 100% du capital du «traiteur intraitable». Le groupe créé par Pierre Martinet en 1968 a réalisé 230 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 pour un volume de production total de 80 000 tonnes.

Composé des marques Pierre Martinet (salades, leader sur le taboulé), La Belle Henriette (salades à base de produits de la mer) et Maison Randy (salades à base de viande), le groupe emploie 700 personnes réparties sur cinq sites industriels à travers la France. Il s’agit, pour la marque Belle Henriette, des sites des Lucs-sur-Boulogne et des Achards (Vendée) ; et de La Selle-sur-le-Bied (Loiret), Chaponost (Rhône) et Saint-Quentin-Fallavier (Isère), siège du groupe, pour les autres marques.

Atteindre 7% de part de marché en marque dans le rayon frais

Le groupe sarthois LDC espère ainsi assoir ses positions dans le rayon traiteur, où il est déjà présent avec la marque Marie sur les pâtes à tarte, pizzas et plats cuisinés. En janvier, il avait déjà annoncé être entré en négociation exclusive en vue d'acquérir le groupe vendéen Routhiau, traiteur frais et surgelé au chiffre d’affaires de 72 millions d’euros en 2022. La finalisation de l'opération est encore en attente de la décision de l’autorité de la concurrence.

«Aux 5% de parts de marché des produits en marque Marie sur le rayon frais s’ajouteraient désormais 2,1% de parts de marchés de la marque Martinet, sous réserve de l’acceptation de l’autorité de la concurrence, précise Philippe Gélin, président-directeur général de LDC. En comparaison, le groupe agroalimentaire vendéen Sodebo est en tête avec 12% à 13% du marché.»

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LDC va-t-il conserver l’ensemble des gammes du groupe Pierre Martinet ? «On va découvrir d’abord, lance, sibyllin, Philippe Gélin. Notre décision dépendra notamment des audits d’usine, qui seront réalisés dans les semaines qui viennent.»

Tout pour les volailles

Cassé dans son élan par deux ans de grippe aviaire, le groupe LDC compte en parallèle faire grimper ses volumes de volailles produites en France. Objectif : proposer des prix plus attractifs aux industriels et restaurateurs – très sensibles au facteur prix – afin de récupérer des parts de marché sur les importations. «Nous investissons dans l’augmentation de nos capacités de production sur l’ensemble de nos sites de découpe de poulets, afin de procéder à une reconquête du marché après l’épisode aviaire», explique Stéphane Sallé, directeur général du pôle volailles.

Le groupe affirme mobiliser 200 millions d’euros d’investissement jusqu’en 2026 en innovation industrielle, augmentation des capacités de production et réduction de l’impact des épidémies de grippe aviaire. «Jusqu’à présent, notre production à destination de la restauration rapide était principalement concentrée en Bretagne», explique Philippe Gélin. Pour réduire l'incidence des épidémies de grippe, la production sera répartie sur deux sites supplémentaires, à Javron-les-Chapelles (Mayenne), où les travaux ont déjà débuté, et à La Chapelle d'Andaine (Orne).

Sur l’enveloppe totale du projet "Niagara", 135 millions d’euros sont déjà engagés. Dans l’usine de Mur-de-Bretagne (Côtes-d'Armor), une ligne de découpe au jet d’eau a été installée afin de tailler des produits dans les filets pour les clients en restauration rapide, dans des dimensions et grammages précis. L’enveloppe comprend également la construction d’une usine de charcuterie de volaille sur le site de Bignan (Morbihan) pour un démarrage des travaux dans l'année.

Boosté par l’inflation, le chiffre d'affaires du leader français de la volaille a progressé de 35% en 2023-24, atteignant 6,2 milliards d’euros. Le groupe espère désormais atteindre 6,5 milliards d'euros en 2024-25, «sous réserve de la finalisation des acquisitions en cours». De mars 2023 à février 2024, la marge opérationnelle courante du groupe a grimpé à 6%. Le groupe s’attend désormais à un dégonflement de sa marge à 5%, du fait de promotions visant à reconquérir le marché sur les importations.

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