Au Salon de l’agriculture, un robot chien vole la vedette aux vaches, lapins et autres animaux vivants. Conçu par l’entreprise landaise Evotech, fondée en 2013, ce robot quadrupède a pour objectif de rentrer les volailles dans leurs cabanes. Cela fait deux ans et demi que la société spécialisée dans la recherche et l’innovation pour les drones et la robotique développe ce robot.
Le robot peut fermer les trappes
«Initialement c’était un projet pour la sécurité aux Jeux Olympiques et Paralympiques pour le déminage de colis suspect», rappelle Anthony Gavend, directeur général d’Evotech. Puis la coopérative Maïsadour les a contactés pour des applications dans l’agriculture. Le directeur général se dit alors «surpris» de cette demande avant de rencontrer les éleveurs et comprendre que le robot chien «répond à une vraie problématique».
Dans le cadre de ce partenariat, le robot doit rentrer les volailles dans des bâtiments à la tombée de la nuit. Une tâche qui peut prendre plus d’une heure par jour pour certains producteurs. Concrètement, le robot est programmé pour faire un parcours prédéfini autour des cabanes du producteur pour inciter la grande majorité des poulets à rentrer. «Lors de ce passage, il identifie les poulets récalcitrants, et recalcule sa trajectoire pour passer une nouvelle fois et inciter les dernières volailles à se mettre à l’abri», explique Anthony Gavend. Puis, le robot quadrupède peut fermer les trappes des cabanes d’élevage. Evotech mène des tests depuis l’été 2024 afin de peaufiner les systèmes embarqués.
Maïsadour Le robot chien de la société Evotech est testé depuis l'été 2024 auprès de producteurs de volailles. Crédit : Maïsadour
Achat des pattes déjà montées
La société landaise met en avant le fait qu’elle fabrique elle-même le robot avec sa quinzaine de salariés. «Ce type de robot produit par un industriel chinois coûte environ 8000 euros à l’import, explique Anthony Gavend. Somme à laquelle il faut ajouter le coût du développement de nos propres algorithmes, donc il n’est pas possible de le vendre beaucoup moins cher que le modèle que nous fabriquons.»
Toutefois, Evotech achète auprès d’un fournisseur chinois les pattes déjà montées «pour des raisons économiques, selon Anthony Gavend. Nous aurions de toute façon été obligés d’importer les moteurs depuis la Chine si nous avions fabriquées ces pattes nous-même. Avec un système déjà monté, nous réduisons nos coûts». À l’avenir, Evotech aimerait se fournir en France pour les pattes, et elle fabrique actuellement un prototype avec des pattes provenant d’un fournisseur français.
Les autres briques technologiques sont développées en interne, notamment la partie logicielle comprenant les systèmes d’intelligence artificielle (IA) et de commande du robot. Ce dernier peut être piloté ou programmé pour réaliser une tâche. À terme, l’objectif est de proposer une interface à l’agriculteur sur laquelle il peut demander au robot de réaliser sa tâche en un seul clic.
Un prix cible de 10 000 euros
La coopérative Maïsadour s’occupe de la distribution. Elle espère convaincre un certain nombre de ses adhérents dans un premier temps. «Le modèle économique est encore en construction, relate Laetitia Domange, directrice développement du pôle agricole Maïsadour. Mais l’idée est que les éleveurs achètent le robot, car cela est plus facile à gérer que la location. Donc il faut parvenir à baisser au maximum le prix tout en prenant en compte les marges sur la distribution et l’accompagnement.» La coopérative vise un prix de vente autour de 10000 euros.
Aujourd’hui, Evotech a fabriqué et vendu un peu moins de 50 robots. Mais l’entreprise landaise ambitionne de multiplier les usages après la sécurité et l’agriculture. Elle entend lever des fonds et mener un vrai projet d’industrialisation en passant à une centaine de salariés d'ici à trois ans. Et pour l’aider dans sa quête, son robot chien doit parfaitement remplir sa mission de gardien de volailles.



