La Commission européenne a présenté mercredi 8 juillet sa stratégie sur l'hydrogène, "pour une Europe climatiquement neutre" : un plan de bataille qui, espère-t-elle, permettra aux 27 pays membres de se coordonner afin d’augmenter la production et le recours à cette ressource. Priorité sera donnée à l’hydrogène renouvelable, ou "vert", produit par l’électrolyse de l’eau, grâce à de l’électricité provenant de sources renouvelables.
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La Commission ne ferme toutefois pas la porte à l’hydrogène "bleu", produit à partir de combustibles fossiles mais dont les émissions de CO2 sont compensées par des technologies de capture du carbone. La stratégie prévoit en effet que ce procédé de production d’hydrogène qui, à défaut d’être propre, présente une faible teneur en carbone, continue d’être utilisé "dans une phase de transition".
D’ici 2024, il s’agira donc de décarboner la production d’hydrogène en installant des électrolyseurs d'hydrogène renouvelable pour une capacité de production totale d'au moins six gigawatts – contre un gigawatt aujourd’hui. L’objectif étant d’atteindre les 40 gigawatts d’ici 2030.

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Secteurs prioritaires
Que faire, ensuite, de l’hydrogène produit ? La Commission suggère que celui-ci permette de réduire puis d’abandonner l’utilisation de l’hydrogène à forte intensité de carbone dans les raffineries ainsi que pour la production d'ammoniac et de méthanol. À plus long terme, cela pourrait également permettre de remplacer partiellement les combustibles fossiles dans les aciéries, prévoit la stratégie.
L’hydrogène est également envisagé comme une option prometteuse pour le secteur des transports. Et en particulier lorsque l'électrification y est plus difficile ou peu rentable. Pour les bus urbains, les flottes de taxis voire pour certaines lignes ferroviaires.
Enfin – mais cela prendra davantage de temps encore – elle présente l’hydrogène comme une bonne solution pour décarboner le secteur de l'aviation notamment. Dans un premier temps grâce à la production de "carburants d'appoint". Dans un second temps, au moyen de moteurs à réaction à hydrogène ou de piles à combustible alimentées à l'hydrogène, qui nécessiteront toutefois une conception adaptée des avions.
Alliance européenne
L'hydrogène fossile, dont les coûts sont estimés à environ 1,5 €/kg pour l'UE, reste toutefois bien plus compétitif que les hydrogènes "bleu" (2 €/kg) et "vert" (2,5 à 5,5 €/kg). Créer de la demande nécessitera diverses formes de soutien, reconnaît la Commission.
Différentes options d'incitations seront donc envisagées : elles pourraient prendre la forme de quotas minimums d'hydrogène renouvelable dans certains secteurs, de contrats de différence ou encore de nouvelles conditionnalités en matière d’aides d’État.
Enfin, pour soutenir les investissements dans "l’écosystème européen de l’hydrogène", la Commission a annoncé le lancement, ce 8 juillet d’une Alliance européenne pour l'hydrogène propre, qui rassemblera des représentants de l’industrie et de la société civile et devra permettre d'identifier des projets d'investissement viables.
Qualifiant cette alliance de "plateforme ouverte", le vice-président de la Commission européenne chargé du Green Deal, Frans Timmermans, a souligné qu’il voulait "absolument y voir l’industrie, qui a de l’expérience dans ce domaine et des projets à long terme pour décarboner".



