C’était l'une des annonces du président de la République Emmanuel Macron dans le cadre de la présentation du plan de soutien à l’automobile à la fin du mois de mai. Pour développer l’innovation et la recherche dans le secteur, le gouvernement a décidé de débloquer une enveloppe de 150 millions d’euros de subventions en 2020. Une somme qui va permettre d’accompagner 27 projets innovants, sélectionnés par le nouveau comité d’orientation pour la recherche automobile et mobilité (Coram).
"Sur le modèle de l’aéronautique, le Coram a été créé pour permettre de construire une solidarité de filière et investir dans l’innovation. Huit domaines critiques ont été définis, dont quatre significatifs : les batteries, l’hydrogène, l’électronique de puissance et l’allègement des matériaux", a détaillé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire jeudi 2 juillet, à l’issue d’une première rencontre du Coram qui a réuni membres du gouvernement et dirigeants d’entreprises de la filière.
De moins d’un million à plus de 10, selon les projets
Les montants attribués aux différents projets sont assez variables, "avec des enveloppes inférieures au million d’euros pour les plus petits et jusqu’à 10 à 13 millions pour les plus importants", d’après une source gouvernementale. Parmi les projets accompagnés, Faurecia va travailler sur les réservoirs à hydrogène pour en réduire leur coût, tandis que Renault Trucks veut "intégrer le monde du poids lourd" dans cette technologie.
Renault et PSA verront pour leur part leurs travaux sur la chaîne de traction électrique subventionnés. Avec ARaymond et le Cetim, Plastic Omnium planche de son côté sur des matériaux innovants pour la carrosserie des véhicules, qui permettraient d’en améliorer le bilan environnemental tout en rajoutant des fonctions. Les chimistes Arkema et Solvay seront accompagnés dans le cadre de leurs recherches sur les cellules de batteries pour les véhicules électriques.
Contreparties sur la localisation de la production
Les projets les plus avancés devraient démarrer d’ici le mois de septembre, après une phase d’instruction approfondie des projets sélectionnés par l’Ademe et Bpifrance. Au total, le gouvernement estime que le montant total consacré à ces 27 projets pourrait atteindre le milliard d’euros, en incluant les 150 millions d’euros de soutien public et des investissements privés attendus à hauteur de 850 millions d’euros.
En contrepartie de ce soutien, les industriels se sont engagés à "localiser en France l’industrialisation des produits issus de ces programmes de R&D", a précisé un porte-parole du gouvernement. De quoi permettre de répondre à l’exigence de relocalisation demandée par le gouvernement. "Il ne s’agit pas de rapatrier la production de parechocs, mais de créer de nouvelles chaînes de valeur autour de compétences et technologies que la France maîtrise", a insisté Bruno Le Maire.
45 000 véhicules électriques vendus en France
Tous ces projets doivent aussi permettre d’atteindre le "pari de la décarbonation" évoqué par le ministre de l’Economie, auquel contribue, selon lui, le plan de soutien annoncé fin mai. "Nous allons accélérer la décarbonation du parc automobile français grâce aux primes mises en place. Nous avons déjà puisé 100 000 primes à la conversion, sur les 200 000 disponibles. Avant la fin de l’été, l’intégralité devrait être épuisée. Nous verrons alors s’il y a lieu de prolonger ce dispositif", a-t-il indiqué.
"Mais le résultat le plus spectaculaire est sur le véhicule électrique. 45 000 de ces modèles ont été vendus au premier semestre. L’industrie automobile est à nouveau sur la trajectoire des 100 000 véhicules vendus en 2020, alors que nous pensions que l’objectif était hors de portée", a mis en avant Bruno Le Maire. Des ventes qui ont permis de faire chuter les émissions de CO2 des véhicules neufs à une moyenne de 99,3 grammes au kilomètre en juin, selon les fabricants français représentés au sein du CCFA.



