Pousser à l’achat de véhicules électriques par des primes et bonus, c’est bien. Mais pour que le véhicule électrique ne reste pas cantonné à un usage citadin et à la deuxième voiture des plus nantis, mais qu'il prenne toute sa place dans les véhicules familiaux et les utilitaires d’entreprises, il faut aussi vite déployer un réseau de bornes de charges sur le territoire. Et pas uniquement en ville.
Si avec 29 000 bornes à fin 2019, la France n’a pas à rougir de son réseau, ce dernier reste - dans l’esprit de beaucoup d’utilisateurs - trop invisible pour tenter l’aventure de la voiture électrique. Le gouvernement l’a bien compris avec son plan auto. Et si les mesures prévues n’ont pas eu les honneurs d’une déclaration présidentielle, lors de sa présentation publique le 26 mai chez Valeo, elles n’en sont pas moins cruciales pour la réussite du plan.
100 000 bornes fin 2021

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Ces mesures, qui couvrent autant les bornes sur route, qu'en ville et dans le privé, devraient permettre d’atteindre 100 000 points de recharge de véhicules électriques ouverts au public à fin 2021, espère le gouvernement. "C’est ambitieux", commente Cécile Goubert, déléguée générale de l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere). Cette dernière n’en est pas moins très enthousiaste.
Le fonds Advenir quintuplé
De fait, le budget du fonds Advenir alimenté par les certificats d'économies d'énergie (C2E) et destiné à financer entre 40 et 50 % du coût hors taxe des bornes dans les territoires, que gère l’Avere, va être multiplié par cinq et passer de 20 à 100 millions d’euros pour la période 2020-2023 afin de déployer 45 000 points de charges supplémentaires. Dès maintenant et jusqu’au 31 décembre 2021, les coûts de raccordement seront pris à 75% en charge par le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), c’est-à-dire la taxe réseau que chacun paye sur sa facture d’électricité (environ un tiers du montant). Un dispositif déjà partiellement prévu dans la loi sur les mobilités (LOM).
Un maillage à 150 kilomètres sur les grand axes
Cécile Goubert se réjouit aussi de l’annonce du lancement d’ici à cet été d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour assurer un premier maillage d’environ 150 kilomètres d’inter-distance sur les grands axes nationaux du territoire qui ne concerne pas uniquement les autoroutes. "Les véhicules ont l’autonomie pour être des premières voitures [et pas seulement des voitures secondaires, ndlr], mais il faut aux conducteurs la garantie de pouvoir les charger", rappelle Cécile Goubert. Et les charger vite.
Un groupement industriel pour la charge rapide
Sur ce point, le plan prévoit la constitution par la Banque des territoires d’un groupement de partenaires industriels nationaux et européens pour définir le besoin en corridors de points de recharge rapides sur les grands axes routiers et autoroutiers français, accessibles à tous dans une logique d’intérêt général, ainsi que ses modalités de réalisation et de financement. Ces bornes seront elles aussi éligibles à la prise en charge de 75% des coûts de raccordement par le TURPE ?
Un fonds de la Banque des territoires
Quant aux bornes en résidentiel collectif, un fonds national de mutualisation des investissements est à l’étude avec la Banque des territoires. "Toutes ces mesures vont faciliter ce qu’il y a dans la loi orientation des mobilités (LOM) et l’accélérer", se félicite Cécile Goubet. Selon elle, il ne manque qu’une chose pour que le plan soit complet. "On aurait bien aimé avoir un coup de pouce pour aider les territoires à moderniser leurs vielles bornes", reconnaît la déléguée générale de l’Avere. On ne peut pas tout avoir d’un coup.



