L’Europe doit investir 241 milliards d’euros dans le nucléaire d'ici à 2050, évalue la Commission

La Commission européenne a évalué les besoins d'investissement dans le nucléaire d'ici à 2050 pour tenir ses objectifs climatiques et de souveraineté. Verdict, la construction et la prolongation de réacteurs européens devrait nécessiter quelque 241 milliards d'euros. 

Centrale nucleaire de Bugey
L'Europe doit augmenter de plus de 10% ses capacités installées d'ici à 2050.

L’Europe regarde le nucléaire en face. Dans le cadre de son huitième programme indicatif nucléaire (PINC), la Commission vient de publier son évaluation des investissements nécessaires dans l’atome civil d’ici à 2050 pour tenir ses objectifs de décarbonation et de compétitivité. Pour sortir des fossiles et électrifier leur économie, les pays de l’Union devront investir environ 241 milliards d’euros pour la prolongation de la durée de vie des réacteurs existants et la construction de nouveaux réacteurs de forte puissance. Un chiffre relativement modeste, car rien qu'en France la construction des six EPR2 devrait couter 100 milliards d'euros. Et qu'EDF investit déjà plus de 5 milliards par an dans la maintenance et la prolongation de ses réacteurs. 

Ce chiffre est un minimum, car il faudra aussi investir dans les petits réacteurs modulaires (SMR), pour lesquels l'Europe s'est organisée autour d'une alliance, les réacteurs modulaires avancés (AMR), les microréacteurs et, à plus long terme, dans la fusion, estime le PINC. Plus facile à dire qu'à faire car, incapable de tenir ses coûts et ses délais, le nucléaire européen ne séduit pas les investisseurs, ni les banques internationales malgré les appels répétés de la France.

Prolonger et augmenter de 10% les capacités

La part du nucléaire, qui représente 23,7% de la production européenne en 2024, ne devrait pas foncièrement évoluer dans le mix électrique, qui doit être à 90% décarboné d’ici à 2040, principalement grâce aux renouvelables. Les capacités installées dans l'ensemble de l'UE devraient passer de 98 gigawatts électriques (GWe) en 2025 à environ 109 GWe d'ici à 2050, soit une augmentation d’environ 10%.

La Commission rappelle néanmoins aux industriels et aux États leur responsabilité en matière de gestion des déchets radioactifs. Elle appelle aussi à davantage de coopération entre les autorités réglementaires nationales pour accélérer l'octroi de licences et à une collaboration internationale pour garantir un approvisionnement en combustible «stable et diversifié» pour éviter les dépendances. Elle rappelle aussi la nécessité de renforcer les compétences et de soutenir les start-up.

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