Enfin le bout du tunnel pour les travailleurs de Valdunes ? On s'en approche, en tout cas pour les 178 salariés sur 320 qui conserveraient leur emploi en cas de reprise par la société Europlasma. Les acteurs du dossier étaient réunis à Bercy ce lundi 26 février pour boucler le financement du projet de reprise des deux sites industriels nordistes, situés à Leffrinckoucke, près de Dunkerque (Nord) pour la partie forge, et à Trith-Saint-Léger, près de Valenciennes (Nord), lieu de traitement thermique et d'usinage des pièces.
Objectif : donner du poids à l'unique offre de reprise des deux sites, celle portée par Europlasma (dont L'Usine Nouvelle avait dévoilé le contenu) avant son examen par le tribunal de commerce de Lille le 28 février.
19 millions d'euros de prêts et subventions
Les acteurs publics font bloc autour de cette offre, en vue de maintenir en vie la dernière filière de production de roues de train en France et en Europe. L'Etat se dit prêt à apporter 15 millions d'euros de prêts sur trois ans au nouveau Valdunes, à condition qu'Europlasma injecte lui même 15 millions d'euros de fonds propres dans l'entreprise. La région Hauts-de-France et les deux communautés de communes dans lesquelles sont implantées les deux usines doivent débloquer 5 millions d'euros (dont 1 million de subventions et le reste en financement du foncier). La SNCF, quant à elle, se dit officiellement prête à financer la nouvelle activité "à hauteur de 1 million d'euros sous une forme qui reste à définir", indique une source au ministère de l'Industrie. Le président de la SNCF Jean-Pierre Farandou était d'ailleurs autour de la table à Bercy ce 26 février. Mais pas de représentant d'Alstom, qui n'est pas impliqué dans l'opération, ni de Bpifrance.
Ce tour de table suffira-t-il à convaincre le tribunal de commerce de Lille le 28 février prochain ? Le soutien de l'Etat pèse lourd, mais tout dépendra des garanties apportées par Europlasma, repreneur en série d'entreprises en difficultés, qui ne débloque pas toujours les investissements promis dans les délais annoncés à la barre du tribunal. Le ministère de l'Industrie se veut rassurant, et estime qu' "Europlasma n'a pas de raison de ne pas tenir ses engagements" dans ce dossier, "bien au contraire".
30 millions d'euros d'investissements
A quoi serviront les 35 millions d'euros mis sur la table sur trois ans ? Environ 5 millions d'euros seraient utilisés pour couvrir les pertes et besoins de fonds de roulement pour relancer l'activité tandis que les 30 millions d'euros restants seraient dédiés aux investissements visant à moderniser l'outil de production. "Le chiffre d'investissement entre la première offre et celle déposée aujourd'hui a été augmenté de 5 millions d'euros, notamment après discussion avec les représentants du personnel", souligne Bercy.
Un effort notable mais sans doute insuffisant pour créer l'ambitieuse unité de production d'énergie à base de CSR que prévoyait Europlasma dans son offre initiale pour assurer la compétitivité du nouveau Valdunes. Un équipement qui à lui seul nécessiterait des dizaines de millions d'euros de dépenses d'investissement, et une brique indispensable pour décarboner la production de roues. Dans un communiqué publié ce 26 février dans la soirée, le ministre de l'Industrie Roland Lescure salue pourtant "un projet visant le maintien de cette filière ferroviaire à travers la décarbonation de la production". Cela reste à confirmer.



