C'est désormais officiel. Le spécialiste français de la dépollution Europlasma a envoyé mercredi 31 janvier une offre de reprise des deux sites de Valdunes, dernier fabricant en France de roues et d’essieux de trains. L’offre concerne l’usine de Trith-Saint-Léger et la forge de Leffrinckoucke (Nord) et s’accompagne d’un plan d’investissement de 24 millions d’euros sur trois ans. Sur les 320 salariés, 175 seraient gardés.
Valdunes est en redressement judiciaire suite au retrait de son actionnaire chinois, le groupe métallurgique MA Steel en mai 2023. Celui-ci avait repris la société à l’issue d’un précédent redressement judiciaire dix ans plus tôt, mais sans parvenir à améliorer sa situation financière. En 2022, l’industriel français a affiché une perte de 14 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 68 millions d’euros.
Valdunes en manque de commandes et d'investissements
Le fabricant souffre notamment du manque de commandes de la SNCF et de sa forge vieillissante, qui nécessite à elle seule un investissement de 20 millions d’euros. «Nous fabriquons 30 000 roues par an, alors que notre comptable a calculé qu’il nous faudrait au moins 65 000 roues, juste pour être à l’équilibre», déclarait Pascal Boudoux, délégué syndical CFDT, à L’Usine Nouvelle en mai 2023. Lors d'une table ronde organisée à Bercy en octobre, la SNCF et le fabricant de trains Alstom auraient indiqué être prêts à jouer un rôle d'«acheteurs responsables».
Le monde politique s’est emparé du dossier Valdunes, érigé en symbole de la souveraineté industrielle française. Le président Emmanuel Macron a promis, en mai 2023 à la Voix du Nord, de «se battre jusqu’au dernier quart d’heure pour Valdunes». Fabien Roussel, député PCF du Nord, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, et François Ruffin, député LFI de la Somme, ont également signé une tribune de la CGT le 9 janvier, réclamant que «des investissements conséquents soient réalisés et que l’entreprise soit reprise par un acteur sérieux inscrivant son action dans la durée».
Europlasma est l’unique candidat à la reprise de Valdunes, selon le ministère de l’Économie. Le groupe allemand Navigator Group était aussi intéressé par la reprise des deux sites de l'industriel nordiste, mais s’est finalement retiré en octobre 2023, selon les informations de la Voix du Nord. Le projet du groupe allemand n’avait convaincu ni Bercy ni la CGT. Il visait à redresser Valdunes en passant potentiellement par une diversification de secteurs pour revendre après une durée estimée à six ans.
Un financement des pouvoirs publics pour appuyer l’offre d’Europlasma serait en discussion. La reprise pourrait être validée lors d'une audience finale le 20 mars au tribunal de commerce de Lille.



