La SNCF risque d’afficher des résultats calamiteux en 2020. Le patron du groupe ferroviaire, Jean-Pierre Farandou, obtient tout de même la confiance renouvelée du gouvernement. Lundi 23 novembre, le président de la République a proposé de nommer une nouvelle fois l’ancien cheminot comme PDG de l’entreprise.
“À cette fin, l’État proposera lors de prochaines instances de gouvernance de la société nationale SNCF qu’il soit nommé d’abord comme administrateur puis comme président-directeur général”, indique sans surprise l’Élysée dans un court communiqué.
Formalités retardées par la crise
L’arrivée de Jean-Pierre Farandou à la tête de la SNCF, c’était il y a une éternité. Plus exactement en novembre 2019, avant la crise du Covid-19 et la paralysie des transports publics. À l’époque, le cabinet d’Emmanuel Macron précisait que cette nomination était “transitoire”, en attendant l’entrée en vigueur de la réforme ferroviaire au 1er janvier 2020.
Une nouvelle procédure au premier semestre devait confirmer la consécration de Jean-Pierre Farandou mais ces formalités ont été retardées par la pandémie. “Du fait du Covid-19, les élections des représentants des salariés au conseil d'administration qui devaient se tenir au printemps ont été suspendues, éclaire la SNCF dans une déclaration transmise à L’Usine Nouvelle. Le gouvernement, dans le cadre des mesures d'urgence sanitaire, a prolongé l'organisation temporaire qui expirait au 30 juin jusqu'au 30 décembre. Ce délai a permis de fixer une nouvelle organisation des élections début décembre avec le déploiement du vote électronique.”
De nombreux chantiers complexes attendent le PDG
Le successeur de Guillaume Pepy devrait donc repasser un grand oral devant les parlementaires, comme il l’avait fait en octobre 2019. “Le président de l’Assemblée nationale et le président du Sénat sont saisis de ce projet de nomination, afin que la commission intéressée de chacune des assemblées se prononce dans les conditions prévues par le cinquième alinéa de l’article 13 de la Constitution”, indique l’Élysée dans son communiqué.
Jean-Pierre Farandou, 63 ans, devra exposer sa stratégie face à de nombreux chantiers complexes. En 2019, il a été choisi pour apaiser le dialogue social dans l’entreprise après le vote de la réforme controversée du secteur ferroviaire. Malgré les pertes immenses liées au Covid-19, le dirigeant devra également tenter de redresser les comptes de l’entreprise endettée. La crise sanitaire amène également à réfléchir sur les sujets logistiques et supply chain. Un domaine dans lequel la SNCF pourrait reprendre du poil de la bête. À plusieurs reprises, le nouveau PDG a milité pour une relance du fret ferroviaire.



