EDF ne sera pas contraint de prolonger le premier arrêt de l’EPR de Flamanville (Manche), qui interviendra quelques mois après sa mise en service prévue pour le premier trimestre 2024, pour changer le couvercle de la cuve. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné vendredi 19 mai son accord à Framatome, qui en avait fait la demande en décembre 2022 et février 2023, pour reporter la date d’utilisation du couvercle actuel et permettre son remplacement «durant le premier arrêt pour rechargement du réacteur», qui est prévu entre 15 et 18 mois après son démarrage.
Après la découverte d’une «anomalie de fabrication» en 2014, l’ASN avait limité en 2018 l’utilisation du couvercle au 31 décembre 2024. La mise en service du réacteur était à cette date planifiée pour l’automne 2019. Mais l’Autorité prend des précautions. Elle précise que «dans le cas où le projet subirait à nouveau un retard important, l’exploitant devra réexaminer la possibilité de remplacer le couvercle avant la mise en service du réacteur». Le nouveau couvercle est en cours de fabrication chez Framatome et sa livraison est prévue pour la fin de l’été 2024. Sans modification de sa décision de 2018, l’ASN indique que le remplacement de la pièce aurait conduit à reporter la mise en service de l’EPR d’environ un an.
12 ans de retard
Cette dernière accuse déjà un retard de douze années en raison des anomalies détectées sur le couvercle et le fond de la cuve du réacteur et de problèmes de soudures. Annoncé par EDF le 16 décembre 2022, le dernier retard, de six mois, était justifié par l’énergéticien par la nécessité de réviser les procédures de traitement de 150 soudures dites «complexes» dans le circuit secondaire principal du réacteur. Le surcoût de ce délai est estimé à 500 millions d’euros, portant le montant total du chantier à 13,2 milliards d’euros contre. Initialement, l'EPR de Flamanville devait coûter 3,3 milliards d'euros et sa construction ne devait durer que cinq ans...



