Portrait

[Femme de développement durable 2023] Pascaline Hayoun, l’ambition partagée

Pascaline Hayoun, la directrice de la stratégie et du développement durable surface solutions de Saint-Gobain, est lauréate des Trophées des femmes de l’industrie 2023 dans la catégorie Femme de développement durable. La cérémonie, organisée par L'Usine Nouvelle, a eu lieu le 28 septembre.

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Pascaline Hayoun, directrice de la stratégie et du développement durable surface solutions de Saint-Gobain.

Où se voit-elle à terme ? Pascaline Hayoun hésite une petite seconde avant de se lancer : «PDG d’un groupe du CAC40», assume-t-elle sans complexe. On n’a pas de mal à y croire, à voir la détermination avec laquelle elle déroule son plan de carrière. «Je ne m’arrête jamais aux problèmes», résume l’ingénieure chimiste de 33 ans, diplômée de l’ESPCI. Pur produit de Saint-Gobain, elle a rejoint le groupe pour y mener sa thèse sur la manière dont s’écoulent les liquides dans les tubes.

La recherche universitaire n’étant pas sa tasse de thé, elle file pour quatre ans à Philadelphie, aux États-Unis, où elle supervise le développement de produits dans le centre de R&D du groupe. Elle en tire la conclusion que «les sciences, c’est génial. Mais si on ne comprend pas la finalité d’un projet, on reste des super techniciens. Il faut pouvoir expliquer pourquoi utiliser une technologie particulière est pertinent». Un week-end sur deux, elle suit un MBA à la Penn state university pour «apprendre à vendre ma science».

Avec qui rêveriez-vous de travailler ?

Avec l’Unesco, pour apporter la vision pragmatique de l’industrie à des projets sociétaux d’ampleur.

Depuis 2021, elle est chargée de la stratégie au sein de la division solutions de surface, qui pèse 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Son portefeuille comprend aussi le développement durable, alors que Saint-Gobain s’est engagé à la neutralité carbone à 2050. Avec pour objectif d’embarquer les 78 usines dans le monde ainsi que leurs fournisseurs. «Il y avait tout à faire. Il fallait écrire la roadmap pour décliner les objectifs fixés par le groupe», raconte Pascaline Hayoun, qui ne se définit «pas comme une activiste». Cela ne l’empêche pas de mener un projet de serre bioclimatique et inclusive dans le XVIIIe arrondissement de Paris et de passer ses congés à monter des écoles en Afrique.

Briser le plafond de verre

Sa longue liste d’engagements la porte aussi vers la promotion des sciences auprès des filles, persuadée qu’il reste beaucoup à faire pour surmonter les biais dans l’orientation des enfants. «J’ai tendance à dire toujours oui lorsqu’on me sollicite. Cela m’énergise», constate celle qui est ambassadrice du programme «Pour les filles et la science» de la fondation L’Oréal et s’investit dans le réseau Femmes ingénieurs.

Une façon aussi de démontrer que l’on peut briser le plafond de verre, même si l’on vient d’un milieu modeste et que l’on a grandi dans un HLM de l’Essonne. Elle va devoir pourtant lever le pied. Pas pour avoir plus de temps pour s’adonner à la boxe et au tennis, qui lui servent à canaliser son énergie, mais parce que depuis septembre, elle s’est envolée pour Hong Kong. Elle doit y devenir la numéro deux de la petite filiale du spécialiste des matériaux. Une nouvelle case cochée sur sa route vers les sommets.

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