Portrait

[Femmes de l'industrie 2023] Céline Deneuville, la chimie verte du Nord de la France à l'Amérique du Nord

Nommée au Trophée des femmes de l’industrie 2023 dans la catégorie "Femme internationale", cette ingénieure agroalimentaire nordiste a mené à bien le démarrage de la plus grande usine construite par Roquette ces quinze dernières années. La cérémonie, organisée par L'Usine Nouvelle, aura lieu le 28 septembre prochain.

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Celine Deneuville-Roquette-TDF 2023-Internationale
Celine Deneuville dirige une usine de Roquette à Chicago

Un sourire qui ne la quitte pas et un débit mitraillette. Céline Deneuville, directrice de site chez Roquette, groupe français qui excelle à fournir aux quatre coins du monde des protéines, notamment pour l’industrie agroalimentaire ou des excipients pharmaceutiques, a de l’énergie à revendre… Elle la déploie en ce moment de l’autre côté de l’Atlantique.

L’ingénieure agroalimentaire a fait ses classes dans le Nord de la France. Chez Cargill, Flanquart, puis chez Roquette qu’elle a rejoint il y a quinze ans. En 2016 tout s’accélère : elle devient responsable de la production sur le site de Lestrem, le plus important du groupe en France. Trois ans plus tard, elle prend le large et se retrouve au Canada en plein Covid, dans le froid glacial de l’hiver, chargée de mener à bien la première implantation industrielle du groupe dans le pays de l’érable… et le plus gros investissement de Roquette depuis 15 ans, plus de 500 millions d’euros.

Le site dédié à la production de protéines à partir de pois jaunes, notamment à des fins de compléments alimentaires pour les sportifs, va lancer ses lignes fin 2021. Au pic du chantier, alors que le monde sort péniblement de la torpeur du Covid, il faut gérer jusqu’à 600 personnes en simultané sur le site, tout en s’assurant que les équipes internationales ne restent pas coincées à la frontière… «Il a fallu recruter 120 personnes pour faire démarrer l’usine, rembobine Céline Deneuville. L’enjeu était de réussir à fédérer des personnes venant de treize pays différents autour d’un objectif commun.»

Elle en garde une expérience riche culturellement. «Le défi a été d’apprendre l’environnement local et de ne pas venir avec l’idée de fonctionner de la même manière qu’en France», détaille-t-elle. L’envie de prolonger sa vie d’expatriée l’a faite atterrir à Chicago à la tête cette fois d’un des sites industriels américains du groupe qui produit des polyols, qui servent notamment d’édulcorants dans l’agro. Son périple nord-américain devrait encore lui réserver encore quelques défis : il faut rétablir la marge opérationnelle de l’unité et préparer l’usine à une vague d’investissements. Yes, she can !

Avec qui rêverait-elle de travailler ?

«Christine Lagarde ! Sa carrière est impressionnante, elle est extrêmement brillante. Elle défend aussi, même si je n’aime pas l’expression, "la cause féminine". Je suis une femme, ingénieure, dans l’industrie, a fortiori manufacturière : en vingt ans, j’ai vu beaucoup d’évolutions, mais je repense aussi à certaines choses que j’ai acceptées. Il faut continuer d’oser.»

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