Alors que les comptes du premier semestre 2023 ont été publiés par la majorité des industriels français, L’Usine Nouvelle a choisi de compiler les résultats financiers de 20 grandes entreprises tricolores. Malgré un environnement économique et géopolitique complexe, la plupart d'entre elles affichent une hausse de leur chiffre d'affaires et de leur marge.
1. Airbus
Airbus clôture ses comptes avec de belles progressions au deuxième trimestre. En effet, malgré une baisse de 20% de son résultat net sur l’ensemble du premier semestre, le groupe a enregistré sur le deuxième trimestre un résultat de 1,06 milliard d’euros sur un an (+55%) et un chiffre d’affaires de 15,90 milliards (+24%). Airbus en a profité pour confirmer ses objectifs pour 2023, avec la livraison de quelques 720 avions et un Ebit ajusté de 6 milliards d’euros.
2. Alstom
Alstom a enregistré pour le premier trimestre de son exercice décalé 2023/2024 un chiffre d'affaires de 4,2 milliards d'euros (+4,3%). Si le groupe a signé des contrats pour un montant 30% inférieur à celui de 2022 (3,9 contre 5,6 milliards d’euros), la différence s’explique par un contrat exceptionnel de 2,5 milliards d’euros signé en 2022 pour fournir 130 trains à l'Allemagne. Le résultat net de -132 millions d’euros s’explique quant à lui par l’acquisition de Bombardier Transport en janvier 2021, pas encore entièrement «digérée».
3. ArcelorMittal
Au premier semestre, le résultat net d'ArcelorMittal a diminué de 63%, à 2,95 milliards de dollars, et son chiffre d'affaires de 15%, à 37,1 milliards. Le groupe justifie ces résultats par la chute des prix de l’acier au niveau mondial (-14,7%), la division par trois du revenu opérationnel par tonne ainsi qu’une diminution de la production. Le deuxième trimestre apporte cependant une nette amélioration avec 1,86 milliard de dollars de bénéfice net contre 1,09 au premier trimestre, notamment grâce à la baisse des coûts de l’énergie.
4. Atos
L’ESN française Atos a enregistré au premier semestre un chiffre d'affaires à 5,55 milliards d'euros (+0,5%) mais a accusé une perte nette de 600 millions (-19%), et creuse sa dette à plus de 2,3 milliards. Toujours dans le rouge, Atos se veut confiant et mise sur sa restructuration. Le groupe a d’ailleurs indiqué avoir mené à bien son projet de séparation interne, créant deux entités : Tech Foundations (services d'infogérance) et Eviden (transformation numérique, Big Data et Sécurité).
5. Danone
Danone a vu ses résultats progresser au premier semestre, notamment grâce à la hausse des prix, avec un résultat net part du groupe de 1,09 milliard d'euros, contre 737 millions d'euros un an plus tôt, et un chiffre d'affaires de 14,17 milliards d'euros (+6,3%). Le groupe a confirmé ses objectifs 2023, visant une croissance de son chiffre d’affaires comprise entre 4 et 6%, et a par ailleurs annoncé la déconsolidation de ses activités en Russie.
6. EDF
EDF retrouve son souffle après une année 2022 compliquée (17,9 milliards d’euros de perte fin 2022 avec une dette de 64,5 milliards d’euros, crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, bouclier tarifaire imposé par l’Etat, gestion compliquée du parc nucléaire…). Le groupe se redresse et enregistre au premier semestre 5,8 milliards d'euros de bénéfice ainsi qu’un chiffre d’affaires de 75,5 milliards (+14,4%). De grands défis restent cependant à relever, notamment concernant le prix de l’énergie.
7. Engie
Engie a enregistré au premier semestre une perte nette de 800 millions d'euros. Ce résultat négatif est dû à une charge exceptionnelle de 4,4 milliards liée à un accord sur le nucléaire avec la Belgique (prolongation de réacteurs et gestion des déchets). Sans ces éléments exceptionnels, le résultat net attendrait 4 milliard d'euros (+20%). Le chiffre d'affaires s'établit quant à lui à 47 milliards d'euros (+8,9%), porté par les énergies renouvelables, ses activités de trading et de gestion des actifs énergétiques (GEMS).
8. Kering
Des résultats en baisse au premier semestre pour le géant du luxe Kering, avec un chiffre d'affaires à 10,1 milliards d'euros (+2%) bien en-deçà des attentes, et un bénéfice net à 1,79 milliard (-10%). La timide réouverture de la Chine a été bénéfique pour Yves Saint Laurent, Balenciaga et Boucheron mais le groupe pâtit du ralentissement de sa marque phare Gucci. Alors qu’une rumeur de fusion entre Kering et Richemont circule, le français a annoncé le rachat de 30% de Valentino au qatari Mayhoola pour 1,7 milliard d'euros.
9. LVMH
Avec des ventes qui atteignent ce premier semestre 42,2 milliards d’euros (+15%) et un bénéfice net de près de 8,5 milliards (+30%), le numéro un mondial du luxe semble contourner les difficultés que peut rencontrer le secteur. L’ensemble de ses activités est concerné par cette dynamique de forte croissance, à l’exception de sa branche «Vins et spiritueux». Si LVMH peut s’inquiéter du recul du marché nord-américain, ses ventes sont pour le moment compensées par la bonne reprise de l’activité en Asie.
10. Michelin
Malgré une baisse des volumes, Michelin a publié des résultats en hausse au premier semestre, avec un chiffre d'affaires à 14,1 milliards d'euros (+5,9%) et un bénéfice net à 1,22 milliard (+44%). Le groupe a même relevé ses objectifs pour 2023 après avoir revu à la baisse ses surcoûts liés aux matières premières, au transport, à l'énergie et aux salaires (200 millions d’euros prévus désormais, contre une enveloppe initiale comprise entre 400 et 900 millions).
11. Plastic Omnium
Plastic Omnium a enregistré au premier semestre un chiffre d’affaires de 5,3 milliards d’euros (+35%), une marge opérationnelle à 210 millions (+17%), et un résultat net de 100 millions (-4%). Ces résultats devancent même les estimations des analystes. La relance des approvisionnements et de la production automobile a permis un record de prises de commandes pour l’équipementier, dépassant le niveau total des ventes 2022.
12. Renault
«Les résultats du premier semestre de Renault sont les meilleurs de l'histoire», a souligné le dirigeant de Renault, Luca de Meo. Les performances financières du constructeur sont au beau fixe, avec un bénéfice de 2 milliards d’euros, un chiffre d’affaires de 26,8 milliards (+27,3%) et une marge opérationnelle record de 7,6% sur le premier semestre. Le groupe s’est relevé de sa perte historique de 8 milliards en 2020, due à la pandémie, avec une réorganisation de ses activités, misant sur le haut de gamme et la hausse des prix.
13. Safran
Safran a enregistré des résultats en forte hausse au premier semestre, notamment grâce à ses activités de services pour moteurs civils et à la forte reprise du trafic aérien. Le motoriste et équipementier aéronautique a enregistré au premier semestre un résultat net ajusté à 1,04 milliard d'euros (+95%) et un chiffre d’affaires ajusté à 10,95 milliards (+27,9%). Safran a donc relevé ses objectifs pour 2023 et a annoncé racheter des actions pour un montant maximal de 1 milliard d’euros.
14. Saint-Gobain
La crise européenne de la construction neuve ne semble pas impacter Saint-Gobain qui, après une année 2022 record, améliore encore ses marges au premier semestre 2023. Le groupe a étonné les analystes avec un résultat d’exploitation à 2,8 milliards d'euros (+0,8%), malgré une baisse de 6,3% de ses volumes. Les déclins de son chiffre d’affaires à 25 milliards (-2,1%) et de son résultat net à 1,45 milliard (-16%) s’expliquent en partie par des dépréciations d’actifs et des variations du périmètre du groupe.
15. Sanofi
Sanofi a enregistré au deuxième trimestre un chiffre d'affaires à 9,96 milliards d’euros (+3,3%). Le groupe pharmaceutique a bénéficié des bonnes ventes de vaccins (+9,1%) et de son médicament vedette Dupixent, utilisé notamment pour la dermatite atopique, qui a fait grimper les revenus de sa branche «médecine de spécialités» de 11,8%. Ayant revu ses prévisions 2023 à la hausse, Sanofi a par ailleurs annoncé l’acquisition de l’américain Qunol, marque de vitamines, minéraux et compléments alimentaires.
16. SNCF
Au premier semestre, le chiffre d'affaires de la SNCF a marqué un coup d’arrêt (-0,1%) et son résultat net de 158 millions d'euros a été divisé par six par rapport à l’exercice précédent. L’opérateur ferroviaire a été impacté par les grèves des cheminots (perte de 500 millions de chiffre d’affaires semestriel), la valorisation des salaires (6% en moyenne en 2022 et en 2023), la hausse d’énergie de traction et par le bouclier tarifaire limitant la hausse des billets TGV à +5% dès janvier.
17. Soitec
Soitec a connu un trou d'air. Le fabricant de substrats électroniques affiche pour le deuxième trimestre 2023 un chiffre d’affaires à 157 millions d’euros (-23 %). La chute des ventes de smartphones, qui représente 65% de son chiffre d’affaires sur l’exercice 2022/2023, l’a fortement impactée. Mais Soitec se montre confiant et prévoit une stabilisation de son chiffre d’affaires en fin d’exercice 2023/2024.
18. Stellantis
98,4 milliards d'euros de chiffres d'affaires (+12%), 10,9 milliards de bénéfices nets (+37%) : Stellantis dépasse haut la main les prévisions des analystes pour son premier semestre 2023, et ce malgré l'augmentation de ses prix. La part la plus importante de ses bénéfices est réalisée en Amérique du Nord et en Europe. Le groupe tire profit également du boom des batteries, avec une augmentation de 24% de ses ventes de véhicules électriques.
19. STMicroelectronics
STMicroelectronics a enregistré au deuxième trimestre un résultat à 1 milliard de dollars (+15,5%) et un chiffre d’affaires de 4,33 milliards (+12,7%), en cohérence avec les résultats du premier semestre (chiffre d’affaires de 8,57 milliards et résultat de 2,05 milliards). Malgré les baisses des ventes dans l'électronique personnelle, le fabricant de semi-conducteurs a bénéficié de l’essor de l’automobile et des commandes industrielles.
20. TotalEnergies
Les résultats de TotalEnergies présentent un net repli par rapport à l’année dernière et sont inférieurs aux attentes des analystes. La multinationale a enregistré sur le premier semestre un résultat net ajusté à 11,5 milliards de dollars (-39%) et un chiffre d’affaires de 119 milliards (-17%). La baisse des prix du gaz et la diminution de la demande due aux stocks encore élevés en Europe expliquent ces résultats. Confiant, le groupe maintient son plan d'investissements de 16 à 18 milliards de dollars en 2023, dont 5 milliards dans les énergies bas carbone.



