Budget 2026 : Bayrou propose de dépenser moins, travailler plus, simplifier vite

Le Premier ministre a présenté ce 15 juillet ses orientations budgétaires pour ramener le déficit à 4,6 % du PIB en 2026. Année blanche sur les prestations et les dépenses des ministères, augmentation du temps de travail et des personnes en emploi, révisions des niches et simplification sont au programme.

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AFP NE PAS REUTILISER Bayrou budget 2026
Le Premier ministre François Bayrou présente les orientations de son budget 2026 pour la France.

Son pupitre affiche le slogan «Le moment de vérité» et François Bayrou a le ton grave. Pour introduire les orientations de son budget, le Premier ministre a déclaré : «C’est la dernière station avant la falaise. La dette c’est un danger mortel pour un pays.» A ces côté, un dessin de sablier montre une dette publique qui augmente de 5000 euros par seconde et il agite la perspective d’un service de la dette à 100 milliards en 2030 si l’on ne révise pas la trajectoire. Pour alléger l’impact des annonces qu’il s’apprête à faire, il rappelle la situation de la Grèce qui face à des débiteurs qui l’ont lâché «a dû baisser les pensions des retraités de 30% et les salaires de la fonction publique de 20 %».

Dépenser moins 

La baisse des dépenses portera d’abord à hauteur de 10 milliards  sur les budgets des ministères et opérateurs de l’Etat, hors celui de la Défense nationale. Les effectifs baisseront dès 2026 de 3000 emplois publics et 1000 à 1500 chez les opérateurs avec la volonté de ne pas remplacer un départ sur trois à la retraite dans les prochaines années.  Ensuite sur les collectivités locales qui devront réaliser 5,3 milliards d’économie, avec l’opportunité d’une année de cycle électorale où traditionnellement l’investissement est moins fort.

Un grand ménage est prévu dans les dépenses de santé, pour gagner 5,5 milliards. A titre d’exemple le Premier ministre cite la sortie du dispositif d'affections longues durée lorsque le malade est en rémission, la tenue obligatoire d’un dossier médical partagé par les médecins pour ne pas multiplier les examens superflus. Et d’autres mesures qui toucheront directement au portefeuille des assurés comme un doublement de la franchise des médicaments qui passera de 50 à 100 euros.

Enfin l’année blanche qui implique une non revalorisation de toutes les prestations sociales et des salaires des fonctionnaires (hors mesures d’ancienneté) devrait rapporter 7,1 milliards d’euros.

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Côté particuliers comme entreprises, la fraude et les niches fiscales sont dans le viseur, sans plus de précision pour l’instant. Mais le Premier ministre a salué le récent rapport sénatorial sur les aides publiques aux entreprises qui chiffrait cette dépense à 211 milliards d’euros et compte apparemment sabrer dans ce fouillis.

Enfin, si l’alourdissement des impôts est catégoriquement refusé en théorie par le gouvernement, deux exceptions sont consacrées pour les ménages les plus aisés. L’abattement de 10% pour frais professionnel de l’impôt sur le revenu des retraités sera remplacé par un forfait, ce qui permet de préserver les petites retraites mais pas les plus élevées et une contribution exceptionnelle de solidarité sera demandée aux plus hauts revenus.

Travailler plus

«Il faut que toute la nation travaille plus» a déclaré le Premier ministre, La mesure la plus marquante pour les Français est la proposition de supprimer deux jours fériés, le lundi de Pâques et le 8 mai. Cela pourrait rapporter 3,5 milliards d’euros dans les caisses selon certains économistes. Ces jours seraient à discuter mais l'idée commence déjà à soulever des levées de boucliers dans les syndicats.

Il propose aussi de faire travailler davantage les jeunes et les seniors. Dans cet objectif, la ministre du Travail a annoncé le lancement de deux négociations avec les partenaires sociaux. L’une sur l’assurance-chômage pour revoir les modalités d’indemnisation et une autre pour fluidifier le marché de l’emploi et améliorer les conditions de travail. La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet a livré quelques pistes de ses attentes sur ces négociations. Sur l’assurance-chômage elle a estimé qu’il faut accélérer l’incitation au retour à l’emploi en revoyant «les conditions et les durées d’indemnisation». Sur la modernisation du marché de l’emploi, elle invite à le fluidifier en aménageant les CDD, les CDI de chantiers assis sur des missions qui pourrait relever d’accords d’entreprises et non seulement de branches, en réduisant les délais de contestation des ruptures (hors celles pour harcèlement), en permettant de monétiser la cinquième semaine de congés payés. En face les entreprises seraient incitées à «s’engager sur les conditions de travail, la lutte contre les accidents du travail, faire de l’IA un levier de performance partagée». Ces négociations doivent aboutir avant la fin de l’année. 

Au delà du travail, le Premier ministre invite plus largement à augmenter la production en France pour redresser le commerce extérieur. Il a proposé de passer en revue "toutes les filières déficitaires en vue de les produire sur notre sol". Cela passe selon lui par une redéfinition de la stratégie de filières. Un travail sans doute pour le conseil national de l'industrie. 

Simplifier plus vite

Actant l’échec des initiatives parlementaires sur la simplification, le Premier ministre a décidé de changer d’interlocuteurs et de méthodes pour alléger le poids de la bureaucratie qui est vécue par les entreprises comme une forme de prélèvement. Il lie ce chantier à celui sur les niches fiscales proposant «moins de subventions contre plus de liberté». Mais pour l’instant, sur les principales niches fiscales des entreprises comme les allègements de charge sur les bas salaires et le crédit impôt recherche par exemple, c’est le grand flou. Il compte réaliser ces arbitrages en montant une large concertation avec les principaux intéressés. Et il propose de simplifier non plus par la loi mais par ordonnances. Ces ordonnances pourraient-elles régler des sujets de dépenses fiscales, qui relèvent de questions budgétaires ? Rien d'évident.

Enfin le Premier ministre affiche sa volonté de faire reposer la protection sociale en général sur d’autres assiettes que le travail, mais aucune pistes n’est évoquée. Ce sera pour les futures années, car le Premier ministre, qui n'a pas de majorité et reste sous la menace d'une motion de censure se pose dans une perspective de baisse de dette pluriannuelle qui le conduit à parvenir à 3% ... en 2030.  

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