Stellantis fait encore mieux que prévu. Ses 10,9 milliards d’euros de bénéfice net au premier semestre 2023 marquent une augmentation de 37% sur un an. Le chiffre d’affaires de 98,4 milliards d’euros (+12%) dépasse les attentes, alors même que 2022 plaçait la barre haut. Selon Reuters, les analystes s’attendaient plutôt à un chiffre d’affaires de 96,8 milliards. « Les résultats sont effectivement réconfortants. Notre plan stratégique est en train d’être exécuté et produit des résultats record », s’est félicité Carlos Tavares, PDG du groupe automobile, lors d’une interview accordée à France Inter le 26 juillet 2023.
La part la plus importante du profit est réalisée en Amérique du Nord, avec 8 milliards d’euros, et en Europe avec 3,7 milliards. Stellantis souligne également sa forte progression au Moyen-Orient et en Afrique, avec un profit de 1,2 milliard, soit +130% sur un an, principalement grâce au marché turc. Ces résultats sont attribués principalement à une augmentation des volumes de vente, mais aussi à l’augmentation des prix des modèles. « Nous assumons pleinement les décisions qui assurent la pérennité de notre entreprise. Nos facturations ont augmenté de 9%, notre chiffre d’affaires de 12%. Nous avons augmenté nos volumes et nos marges, ce n’est pas contradictoire », a déclaré Carlos Tavares.
+24% de vente de véhicules électriques
Et ces chiffres record concernent aussi l’électrique. Les ventes de véhicules électriques (BEV) sont en hausse respectivement de 24%, ce qui positionne le groupe comme troisième constructeur de BEV sur le marché européen, derrière Volkswagen et Tesla. Après la récente ouverture de son usine française de batteries à Douvrin (Pas-de-Calais), Stellantis continue d’investir massivement dans ce secteur. Ses 25 véhicules BEV sur le marché doivent être rejoint par 23 lancements supplémentaires attendus en 2024.
Les sous-traitants automobiles estiment quant à eux ne pas assez voir la couleur de ces milliards de chiffre d’affaires. « Il faut prendre un peu de recul. Depuis 25 ans, les constructeurs ont permis aux équipementiers de prendre une part importante de la valeur : 85% du coût total en valeur d’une automobile. Nous rentrons dans période difficile, c’est-à-dire l’absorption de l’électrification des véhicules. On ne peut pas passer 40% de hausse de coût sur nos clients. Nous avons une responsabilité commune, et donc les fournisseurs vont devoir contribuer comme nous le faisons », répond le PDG de Stellantis.
Interrogé sur France Inter, Carlos Tavares a par ailleurs balayé l'éventualité d'un « retour d'ascenseur » des entreprises du secteur automobile, qui ont bénéficié d'un soutien régulier de l'Etat ces dernières années. Cette vision s'apparente pour lui à « une dimension un peu romantique de l'industrie ». « Il faut bien se rendre compte que ce qui est en train de se passer dans l'industrie automobile mondiale et européenne est d'une brutalité extrême, a-t-il assuré. Il est normal que dans ce contexte, je cherche à protéger mes salariés, et le consommateur français, en lui offrant quelque chose d'abordable et pérenne ».



