Construction de six nouveaux EPR2 pour relancer le nucléaire oblige, une pluie de contrats va s’abattre sur l’Hexagone. Et, en matière de BTP, c’est Eiffage qui ouvre le bal. Le géant de la construction a été sélectionné par EDF pour effectuer les travaux de génie civil des deux premiers réacteurs EPR2 à Penly (Seine-Maritime) qui, dotés d’une puissance de 1 650 MW, doivent être mis en service en 2035 au plus tôt. Le contrat signé par les deux industriels affiche une valeur de plus de 4 milliards d’euros, a-t-on appris jeudi 16 novembre.
A condition qu’EDF reçoive toutes les autorisations nécessaires d’ici là, les travaux préparatoires au chantier débuteront mi-2024 tandis que la première coulée de béton est programmée pour 2027. Les travaux de génie civil, eux, comprennent la réalisation des deux unités de production pour un total de 69 ouvrages. Eiffage aura notamment pour mission de construire l’enceinte des réacteurs, soit un dôme de 70 mètres de haut et de 50 mètres de diamètre, et de bâtir des salles des machines.
4 000 salariés mobilisés sur le génie civil au pic de l’activité
Il s’agira aussi de réaliser «en conception-réalisation tous corps d’état d’un bâtiment d’exploitation sur six niveaux de 15 000 mètres carrés de surface de plancher», précise Eiffage dans un communiqué. D’après le groupe, près de 4 000 personnes seront mobilisées au pic du chantier sur la partie génie civil. Celle-ci donnera aussi lieu à «1,3 million d’heures réservées à l’insertion et à l’emploi de personnes en situation de handicap», selon Eiffage, qui développera des programmes de formation en lien avec la relance du nucléaire français.
Toutes activités confondues, le chantier de Penly accueillera 2 000 salariés dès 2025 et jusqu’à 7 600 collaborateurs au pic de l’activité, prévu en 2029. «La moitié seront des travailleurs déplacés qu’il faudra loger dans des logements temporaires et dans des logements pérennes dans un rayon de 20 kilomètres autour de Penly», a expliqué Dominique Lepetit, coordinateur du chantier, à L’Usine Nouvelle. Car l’objectif est de recruter 50% de main d’œuvre locale. Un défi de taille que l’Etat encourage à travers une enveloppe de 40 millions d’euros attribuée à la Normandie pour développer de nouvelles compétences dans le nucléaire.



