Mauvaise nouvelle pour la filière nucléaire française. Les problèmes de corrosion découverts sur certains réacteurs poussent EDF à revoir à la baisse son estimation de production nucléaire pour 2022. Dans un bref communiqué publié lundi 7 février, le groupe estime qu'elle sera comprise entre 295 et 315 TWh, ce qui correspond à peu près au niveau de 1991. Le géant de l'électricité avait déjà dû modifier ses prévisions mi-janvier, en passant d'une fourchette de 330 à 360 TWh à une autre comprise entre 300 et 330 TWh. A titre comparatif, la production nucléaire française a dépassé 360 TWh en 2021 et atteint 400 TWh en temps normal. « L'estimation de production nucléaire pour 2023, actuellement de 340-370 TWh, sera ajustée dès que possible », précise le groupe.
EDF indique par ailleurs que trois réacteurs nucléaires, Chinon 3 (Indre-et-Loire), Cattenom 3 (Moselle) et Bugey 4 (Ain), seront mis à l'arrêt dans les prochains mois, afin d'effectuer des contrôles. Trois autres réacteurs feront également l'objet d'une inspection mais durant des arrêts déjà programmés. Parmi ces derniers, l'arrêt de Flamanville 2 (Manche) va toutefois être prolongé de 5 semaines.
Sur les 56 réacteurs que compte la France, neuf sont déjà indisponibles actuellement, dont cinq pour des anomalies qui nécessitent des examens approfondis. EDF avait annoncé le 15 décembre dernier avoir détecté des défauts à proximité de circuits de refroidissement de secours de la centrale nucléaire de Civaux (Vienne), ce qui l'avait contraint à prolonger son arrêt afin d'effectuer des travaux et à interrompre la production de la centrale de Chooz (Ardennes), équipée de réacteurs similaires.
Tensions d'approvisionnement

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Le 13 janvier, c'était au tour d'un réacteur de la centrale de Penly (Seine-Maritime), de génération antérieure, de subir le même sort. Si Chooz 1 devrait redémarrer le 31 octobre 2022, Penly 1 devra attendre au moins jusqu'au 31 décembre. Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), ces défauts seraient dus à une corrosion anormale des équipements, sur la tuyauterie du circuit primaire. De son côté, EDF indique simplement que des analyses sont en cours, et s'emploie à réexaminer tous les comptes-rendus de contrôles réalisés sur ce type de circuit sur l’ensemble du parc. Examens qui pourraient engendrer d’autres arrêts de réacteurs...
Ces problèmes représentent un véritable manque-à-gagner pour le groupe, déjà en grande difficulté financière depuis que l’État lui a demandé de vendre davantage de sa production nucléaire au tarif fixe de l’Arenh pour limiter la hausse des factures d'électricité des particuliers et des entreprises en 2022. Ils risquent également d'accroitre les tensions sur l'approvisionnement électrique de la France dans les prochains mois, car près de 80% de l'électricité nationale provient du nucléaire. Le gestionnaire du réseau électrique RTE a déclaré vendredi 4 février qu'il maintenait sa « vigilance sur la fin de l'hiver » mais a cherché à rassurer en évoquant des « prévisions météorologiques favorables sur la période ».



