Le calculateur Ecobalyse développé avec l’Ademe pour évaluer l’impact environnemental d’un vêtement est depuis le 3 avril 2024, à la disposition des entreprises et des professionnels du textile pour tester la méthode et faire des retours. Cette période de concertation précède la mise en application –vraisemblablement à l’automne ou au début de l’hiver– de l’affichage environnemental sur les vêtements. Cette mesure répond à l’une des 149 propositions émises par la Convention citoyenne pour le climat en 2020 dans sa volonté de sensibiliser le public pour une consommation plus vertueuse et plus durable.
Les lois AGEC et Climat et Résilience (2021) ont donné un cadre légal pour lancer cet affichage. «Depuis cette période-là, plusieurs concertations ont été menées avec les parties prenantes, ce qui nous ramène aujourd'hui à proposer la méthode pour cet affichage environnemental textile. C'est un sujet qui tient à cœur au ministre Christophe Béchu», indiquait-on au cabinet du ministre de la Transition écologique, mercredi 3 avril 2024, lors d’un échange avec la presse.
Un Français achète 48 vêtements par an
Le ministre s’est emparé du sujet de la fast et de l’ultra-fast fashion, symbole de la consommation outrancière, du non-respect de l’environnement et souvent de conditions de travail inacceptables. Aujourd’hui, les vêtements de l’ultra-fast-fashion sont portés entre 7 et 8 fois en moyenne. Un Français en achète 48 nouveaux chaque année. Au niveau européen, la tendance s'accélère avec des achats qui ont augmenté de 40% par rapport à il y a 15 ans. Le textile est le second secteur industriel le plus émetteur avec 8% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. Le gouvernement met en avant le faible impact économique de cette industrie dans notre pays.
Affichage obligatoire en 2025 ?
«Ce coût environnemental est calculé à partir de deux composantes, précise le ministère de la Transition écologique. La première composante, c'est l'analyse de cycles de vie en tant que tel qui regroupe l'ensemble des impacts environnementaux tout au long de la vie du produit. Et la deuxième composante, c'est l'analyse de la durabilité du vêtement, c'est-à-dire la propension d'un vêtement à être porté plus ou moins longtemps.» À propos de l'analyse de cycles de vie, la méthode utilisée est le Product Environmental Footprint (PEF). Elle est développée à l'échelle européenne par des experts et par des marques associées.
Si rien n’est encore décidé, l’affichage environnemental pourrait devenir obligatoire à partir de 2025. Au ministère de la Transition écologique on privilégie «une approche volontaire et l'adoption la plus large possible par les acteurs, un peu comme ce modèle de Nutri-Score qui finalement fonctionne assez bien avec les actions volontaires, mais on n’exclut pas du tout un caractère obligatoire dès 2025.» La France est pionnière dans cette démarche d’affichage environnemental, même si la Commission européenne regarde cette initiative avec intérêt. Pour être vraiment efficace, cette mesure ne devra pas rester le fait d’un seul pays qui lutterait seul contre le monstre de la fast-fashion.



