Présenté en 2022 comme l’un des grands programmes de recyclage chimique des plastiques, le projet Parkes est à l’arrêt, peut-être définitivement. Porté par le groupe canadien Loop Industries, le sud-coréen SK Geo Centric et Suez RV France, il devait voir le jour en 2027 à Carling-Saint-Avold (Moselle), mais a été suspendu en novembre 2024 en raison de «l’inflation des coûts et de la situation macroéconomique qui remettent en cause son équilibre».
Les travaux devaient commencer à la fin de l’année et l’usine, sur le site d’une ancienne cokerie, prévoyait la création de 200 emplois. Son coût atteindrait maintenant 700 millions d’euros, soit 60% par rapport au chiffrage initial, notamment pour la construction, l’ingénierie, sans parler de la hausse du coût de l’énergie. Et surtout, le prix du plastique vierge est deux fois moins élevé que la matière recyclée chimiquement.
Pour développer ce marché, il faudrait des règles européennes plus contraignantes sur les taux d’intégration de plastique recyclé et des contrôles sur les importations de faux recyclé. Si Suez indiquait fin 2024 que «le traitement moléculaire reste une technologie d’avenir» pour dépolymériser des déchets de polyester et obtenir des monomères pouvant être réintroduits dans les chaînes de production de PET (polytéréphtalate d’éthylène), il semble que le groupe soit aussi à l’origine de l’arrêt du projet. Certains spécialistes remettent en cause la maturité de la technologie de Loop, qui n’est pas utilisée à l’échelle industrielle.



