Moins d’un an après sa seconde levée de fonds, Faircraft, pionnier français du cuir in vitro, annonce le rachat des actifs stratégiques de l’un de ses principaux concurrents, l’américain VitroLabs. L’acquisition, dont le montant n’est pas communiqué, est présentée comme un «tournant stratégique» par Haïkel Balti, le CEO de la start-up parisienne.
«Nous nous plaçons désormais comme un leader de la production du cuir in vitro de haute qualité», explique celui qui est aussi co-fondateur de l’entreprise créée en 2021. L’Usine Nouvelle s’était rendu dans les locaux de la jeune pousse en janvier dernier. Le dirigeant avait notamment présenté les travaux de recherche qui ont mené à la création du matériau dédié tout d’abord à la maroquinerie de luxe mais qui est aussi envisagé pour substituer, d’ici 5 à 10 ans, le cuir animal dans l’ameublement et l’automobile.
30 brevets déposés à l'international
En mettant la main sur son concurrent californien, Faircraft, acquiert un portefeuille technologique constitué de 30 brevets couvrant les fondements scientifiques du cuir cellulaire. L’entreprise met ainsi un coup d’accélérateur à son développement. «Nous passons à une nouvelle phase d’industrialisation», indique Haïkel Balti qui annonçait il y a quelques mois, une première usine dans les trois ans. Avec cette annonce, l'entreprise projette désormais la construction à un horizon de deux ans.
Le rachat des actifs de VitroLabs, fruits de 10 ans de R&D complète et renforce la base scientifique de Faircraft qui espère accélérer la commercialisation de ses cuirs in vitro et prendre un avantage stratégique dans «un marché en pleine structuration» qui compte des acteurs comme le néerlandais Quorium ou 3D Biotissues au Royaume-Uni.
Kering et Leornardo DiCaprio supporters de Vitrolabs
Créée dans la Silicon Valley, VitroLabs a été la première entreprise à démontrer la faisabilité du cuir in vitro haut de gamme. Le groupe de luxe Kering et l’acteur américain Leonardo DiCaprio ont notamment participé à son développement. Parmi ses travaux, l’entreprise s’est consacrée à la recherche fondamentale en ingénierie tissulaire, développant des solutions pionnières brevetées dans la culture de structures cutanées multicouches ; l’utilisation de supports biologiques – naturels ou synthétiques – pour la culture cellulaire ; la mise au point et l'utilisation de cellules adaptées à la culture de cuir in vitro à échelle.
Autant de domaines qui serviront désormais au développement de la start-up française qui prévoit cette année de doubler sa surface de laboratoire et de développer son effectif en passant d’une vingtaine à une trentaine de salariés.



