Au début du mois d’avril 2024, le RER E doit parcourir 8 kilomètres de voies nouvelles, entre la gare d’Haussmann Saint-Lazare (Paris 9ème), son terminus actuel et Nanterre La Folie (Hauts-de-Seine). Sur le trajet il s'arrêtera dans les gares de Neuilly-Porte Maillot et de La Défense. Malgré un an et demi de retard, le chantier devrait être achevé à temps pour les Jeux olympiques de Paris en 2024.
C’est dans un volume enserré entre les parkings partiellement reconstruits du Palais des congrès, le RER C, la ligne 1 du métro et le boulevard périphérique à l’ouest, qu’une nouvelle gare a été aménagée porte Maillot, à cheval entre le 16ème et le 17ème arrondissement de Paris.
Franck Stassi La place de la porte Maillot, un grand rond-point routier parisien, sera réaménagée à l'occasion de l'arrivée du RER E et du tramway. Source : Franck Stassi/L'Usine Nouvelle
20 000 mètres carrés ont donc dû être trouvés, avec 15 mètres de large disponibles à 30 mètres sous terre, «ce qui est peu pour aménager des voies et des quais», concède Xavier Gruz, directeur du projet Eole, le prolongement du RER E, pour la SNCF. «Il n’y a plus de place sous la place de la porte Maillot», poursuit le responsable. 35 000 voyageurs devraient passer chaque jour par cette gare qui bénéficie d’un éclairage naturel grâce à des carreaux de verre posés sur l’ancien rond-point routier. Un choix de l’architecte Jean-Marie Duthilleul, qui apporte de la lisibilité aux espaces, en correspondance avec le métro, le RER C et, à l’extérieur, la ligne T3B du tramway, dont l’arrivée a induit la reconfiguration d’une des entrées.
Franck Stassi La largeur des quais variera de 3,50 à 8 mètres. Ici, en observant le tunnel en direction d'Haussmann Saint-Lazare. Source : Franck Stassi/L'Usine Nouvelle
De nouveaux aménagements
«Avec l’échéance des jeux Olympiques, nous ne pouvons plus avoir de retard», indique Xavier Gruz, citant pêle-mêle la réadaptation des techniques face aux contraintes du sol argileux, l’arrêt du chantier durant le premier confinement en 2020, et le décalage de la livraison des matériaux et des équipements, tels que les escaliers mécaniques qui étaient un temps bloqués à Wuhan, en Chine. 390 000 tonnes ont dû être déblayées pour la construction de la gare, et évacuées par une conduite de marinage jusqu’à Courbevoie (Hauts-de-Seine). La base vie du chantier sera déconstruite fin décembre, afin de permettre les derniers aménagements de la porte Maillot. Transformée en avenue, elle sera dédiée à l’accueil d’athlètes et de délégations durant les Jeux olympiques.
Franck Stassi Côté Paris, l'entrée de la gare a dû être repensée en cours de projet afin de s'adapter à l'arrivée du tramway T3B. Source : Franck Stassi/L'Usine Nouvelle
Franck Stassi Une toile rouge, actuellement cachée sous des protections, ornera les plafonds des couloirs afin de réduire le bruit ambiant. Source : Franck Stassi/L'Usine Nouvelle
En termes d’aménagements, la sécurité incendie est notamment prévue par l’encagement en inox des 25 escaliers mécaniques. Réalisés par Constructions Saint-Eloi, basée à Colomiers (Haute-Garonne), ces équipements sont conçus pour protéger les visiteurs d’un éventuel incendie de train. Une toile tendue au plafond devra assurer l’absorption de la réverbération des bruits dans les couloirs. Même si les quais sont étroits, ils ne seront pas équipés de portes palières. Ce choix s'explique par l'interrogation sur le nombre de matériels circulant sur la ligne lors de la mise en chantier. Un espace a été prévu pour pouvoir installer ultérieurement des façades de quai.
Les voyageurs les plus passionnés par l’univers ferroviaire remarqueront la présence d’une caténaire rigide au-dessus des voies, un choix effectué pour disposer de «plus de robustesse» et limiter les interruptions de trafic en cas de rupture. Les nouveaux trains (RER NG) mis en service à l’occasion de cette première phase de prolongement circuleront à 120 kilomètres à l’heure (un raccordement sur les voies existantes en direction de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, sera effectué en 2026). Il n’y avait pas eu de construction de gare souterraine dans la capitale depuis celle d’Haussmann Saint-Lazare, en 1999.



