En cette période de crise et de coronavirus, "on se prépare à un scénario d’effondrement des commandes", témoigne Laurent Bizien, directeur général de Martin Technologies, une PME basée à Lézigné (Maine-et-Loire) et spécialisée dans le marquage sur pièces métalliques et plastiques, qui voit le spectre de la crise de 2008 et ses conséquences ressurgir. "Le risque est que les activités s’arrêtent pour préserver les trésoreries."
Après l’allocution présidentielle annonçant la fermeture des écoles, la première mesure prise par l'entreprise a été de décompter les salariés ayant un problème de garde d’enfant. Un maximum de 7, sur les 102 collaborateurs de Martin Technologies, a été dénombré, dont un profil à risque. Pas de quoi empêcher la production, pour le moment en tout cas.
Livrer coûte que coûte les entreprises prioritaires
Laurent Bizien prévoit des points quotidiens avec les managers, et des échanges individuels avec l’ensemble des collaborateurs au cours de la semaine prochaine. L’anticipation est de mise. "Nous étudions la situation pour savoir combien de temps on peut survivre en cas d’arrêt total. On va demander un report d’échéance, comme l’a proposé le président de la République. Ca ne mange pas de pain et cela nous permettra de gagner un peu d’oxygène."

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Côté clients, certains sont plus inquiets que d’autres. A l’instar de cette entreprise cliente qui commercialise des équipements destinés au traitement de maladies comme le Covid-19 justement. "Elle nous a demandé la garantie qu’elle allait être livrée comme convenu", indique le directeur général qui va tout mettre en œuvre pour y parvenir. En cas de réduction drastique des effectifs, une task force de dix personnes sera constituée pour assurer la production des claviers à membrane qui commandent le respirateur artificiel.
Task force et agilité
Ce cas particulier en cache peut-être d’autres. Pour cela, les chargés de projets rappellent leurs interlocuteurs pour identifier les urgences et hiérarchiser les priorités. Adepte de la flexibilité, Laurent Bizien n’exclut pas de réorganiser les services pour répondre à la demande. "Les personnes de la fonction office, qui travaillent au ralenti, pourraient passer derrière les machines", suggère-t-il.
Malgré les communications insistantes sur les moyens d'éviter la contamination au Covid-19, le responsable compte aussi se rapprocher de la médecine du travail. "Je veux savoir ce qu’il en est, et connaître la vérité. Je veux savoir si le virus survivra à une hausse des températures."


