[Covid-19] La tech française (et mondiale) en ordre de bataille face à la pandémie

Télémédecine, cours en ligne ou intelligence artificielle… De nombreuses entreprises françaises du numérique ont répondu présent à l’appel à la mobilisation lancé par le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O.

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Bruno Le Maire et Cédric O  France Digitale Day 2019
Bruno Le Maire et Cédric O lors des France Digitale Days.

Le clairon a sonné dès mardi 10 mars pour les entreprises françaises de la tech. Dans une allocution sur BFM-TV, le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O a lancé un appel pour faire face à la pandémie du Covid-19 : "Nous souhaitons que les entreprises du numérique se mobilisent dans cette crise et qu'elles fassent en sorte de mettre leurs services à disposition soit de manière gratuite soit avec des tarifs réduits."

Pour les consultations médicales à distance et les cours en ligne par exemple, la pandémie mondiale pourrait faire faire "un bond absolument extraordinaire" à la numérisation de certaines pratiques, estime le secrétaire d’Etat. Depuis son appel, plusieurs entreprises sont montées au front, avec pour ambition de faciliter les transformations quotidiennes imposées par le covid-19, mais aussi de gagner quelques clients.

La télémédecine a la cote  

S’il fallait nommer une gagnante de cette débâcle sanitaire, ce serait sûrement la télémédecine. Un décret paru le 10 mars facilite le remboursement des consultations médicales à distance. Dans la foulée, plusieurs entreprises du secteur ont annoncé "participer à l’effort national". H4D et Tessan, deux entreprises françaises, ont notamment rappelé l’à-propos de leurs cabines de téléconsultation. Installée en moins de 24 heures pour la première et équipée de dispositifs médicaux pour l’autre, elles mettent surtout en avant leur capacité à détourner les flux de patients des services de soins classiques.

Pour les patients diagnostiqués positifs au covid-19, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a mis en place un service numérique. Développée avec l'éditeur de logiciel lyonnais Nouveal e-santé, cette application mobile permet de suivre la santé d’un malade en confinement. Elle lui envoie des questionnaires quotidiens pour suivre l’évolution de ses symptômes et génère des alertes en cas de risques.

L'école en version virtuelle...

Conséquence directe de la pandémie : l’école s’invite à la maison chez les 12,4 millions d’élèves de l’Hexagone. En confinement, eux et leurs professeurs vont devoir s’adapter et faire appel au numérique pour assurer une continuité pédagogique. Kosmos, spécialiste français de la transformation digitale dans l’éducation, met notamment en avant ses outils collaboratifs – blog, chat, partage des devoirs et des supports de cours, … – comme une alternative aux cours présentiels.

Le réseau des start-up de l’éducation – les EdTech – s’est aussi mis en branle pour soutenir l’apprentissage des élèves français. AltEtude, qui propose du soutien scolaire en ligne, met à disposition sa solution de salle de cours virtuelle, WeDraft. "Nous avons développé cette solution pour le soutien scolaire, mais nous considérons qu’elle peut être utile aux professeurs", avance Pierre Trovero, président de la jeune pousse orléanaise. D'autres solutions d’apprentissage de l’anglais (Holyowly), de cahier d’activité (Digitowl) ou de partage des cours ont aussi répondu à l’appel.

... tout comme Le travail

Pour les parents aussi, le travail s’invite à la maison depuis que leurs entreprises commencent à mettre en place massivement des solutions de télétravail. Certains fournisseurs de solutions s’organisent. A l’image de DuneAdviser, qui propose gratuitement ses solutions de télétravail. Ou de l’entreprise de formation First Finance qui a adapté sa formation de management à distance. Habituellement dispensée en présentielle, le cours est désormais disponible… à distance.

Mais la délocalisation du travail dépasse parfois l’envoi de mails et le partage de fichiers. Outre-Atlantique, Microsoft a par exemple transformé son rassemblement annuel des développeurs en un évènement numérique, à la place d’une réunion physique. Une dématérialisation que l’on retrouve aussi dans le militantisme. WWF France a décidé de revoir le dispositif de son événement Earth Hour pour proposer une mobilisation citoyenne digitale, sur les réseaux sociaux notamment.

L'IA pour prédire le virus ... et les pénuries

Inévitable dans le monde du numérique, l’intelligence artificielle est elle aussi utilisée dans la lutte contre la pandémie. Que ce soit pour prédire l’évolution de la contagion, avec des solutions comme celles proposées par BlueDot (Canda) et Metabiota (Etats-Unis), ou dans la détection des malades. Le géant Alibaba (Chine) a apporté aux hôpitaux chinois une solution de détection, censée diagnostiquer un patient en quelques secondes. Verily, filiale d'Alphabet, a aussi annoncé travailler sur un outil de diagnostique aux Etats-Unis. 

Pour l’entreprise américaine Information Resources Incorporated (IRI), l’IA et les données servent à gérer les stocks des commerçants, dans une période où les gens peuvent être tentés de se constituer des stocks de produits de grande consommation.

Si les mesures gouvernementales s’allongent et se durcissent, toutes ces entreprises de la tech ont une carte à jouer pour s’imposer sur un marché parfois encore naissant. Et tenter d’imposer des usages numériques boudés jusqu'alors par le grand public.

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