[Covid-19] Doit-on craindre une pénurie dans l'agroalimentaire ?

Alors que certains de supermarchés sont pris d'assaut par des consommateurs inquiets, voici comment l'industrie agroalimentaire se prépare à faire face à cet afflux de demandes. 

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L'agroalimentaire se prépare à une augmentation des achats

Doit-on craindre une pénurie de pâtes, de riz et de conserves en marge de l'épidémie de Covid-19 ? A la vue des rayons vides de certains supermarchés, la question se pose. Dans un communiqué envoyé le 10 mars dans la soirée, le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, a pourtant voulu désamorcer les craintes. "Producteurs, industriels et distributeurs sont en ordre de marche pour faire face à l’augmentation des achats constatée ces deux dernières semaines", explique le ministère.

FLUIDITÉ LOGISTIQUE ET DISPONIBILITÉ DE MASQUES

C'est avant tout sur le front de la logistique que les principaux acteurs s'activent pour le moment. Un porte-parole de l'Association Nationale des industriels de l'agroalimentaire (ANIA) confirme avoir demandé aux institutions françaises et européennes l'harmonisation des "consignes de circulation de camions pour pouvoir anticiper d'éventuelles ruptures de stocks".

Le ministère affirme avoir pris en compte la mesure sans pour autant donner de précision.

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Autre sujet d'inquiétude: les masques. L'ANIA explique avoir demandé à ce que le secteur agroalimentaire soit considéré comme un secteur prioritaire pour l'obtention de masques de protection. La mesure doit permettre d'éviter la propagation du virus au sein des unités de production et de limiter les impacts sur les salariés.

Pas de risque de pénurie

Ces actions doivent permettre d'éviter le risque de pénurie. "Aujourd'hui, rien ne justifie ces craintes", ajoute un porte-parole de l'ANIA. Dans les usines, comme chez Bonduelle, on reconnaît une augmentation du nombre de commandes sans, pour autant, que cela n'ait, d'impact sur l'organisation de la production.

Un fabricant de pâtes reconnait, quant à lui, avoir recours aux heures supplémentaires et au travail le week-end pour faire face à l'afflux d'achats. "Pour le moment, nous gérons cela de la même manière que lors d'un pic de commandes", précise un responsable. 

Une sérénité que l'on retrouve même dans les usines situées dans les régions le plus confinées. Dans l'Oise, la Société Laitière De Clermont, propriété de Lactalis, continuait, ce lundi 10 mars, de fonctionner "entièrement normalement" selon un représentant. 

A l'heure actuelle, seuls les distributeurs s'inquiètent d'une éventuelle intensification des demandes si le passage au stade 3 de l'épidémie est confirmé. Chez Carrefour, un porte-parole confirme, par exemple, avoir lancé des "négociations avec des industriels pour augmenter le volume des achats". Le groupe n'a, toutefois, pas souhaité donner plus d'informations sur le sujet. 

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