Pas (encore) de pénurie de médicaments en Europe en lien avec le coronavirus

L’Agence européenne du médicament estime qu’aucun risque de pénurie de médicaments liée à la crise du coronavirus n’a été identifié dans l’Union européenne à ce jour. Mais des risques à plus long terme ne sont pas à exclure. En France, le son de cloche est similaire.

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Médicaments
Aucune pénurie de médicament n'a encore été signalée en Europe à cause de la crise du coronavirus.

Jusqu’ici tout va bien. C’est la conclusion de l’Agence européenne du médicament (EMA) dans un premier rapport sur les risques de pénurie de médicaments en Europe en raison du coronavirus. Le risque considéré porte sur des ruptures dans la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique de matières premières indispensables, comme des principes actifs, pour la continuité de la production et aussi de la disponibilité de médicaments, quels qu’ils soient au sein de l’UE. L’EMA avait été mandatée pour une analyse de risques sur ce sujet mi-février par les ministres européens de la Santé.

Des tensions peuvent survenir

L’EMA explique n’avoir enregistré aucun signalement d’insuffisance ou de pénurie de médicaments commercialisés dans l’UE en lien direct avec l’épidémie de Covid-19. L’agence souligne toutefois que cela ne doit pas exclu à plus long terme. Des "problèmes de tensions peuvent survenir si des mesures de confinement se poursuivent et/ou si des ruptures d’approvisionnement surviennent, notamment via des problèmes logistiques ou des restrictions d’exportations", relève l’EMA. Parmi les risques identifiés est recensé celui de voir un site de production pharmaceutique mis à l’arrêt en raison de l’épidémie.

Identifier les spécialités les plus exposées

L’agence souligne aussi qu’il est de la responsabilité des laboratoires pharmaceutiques d’assurer la continuité de la disponibilité de leurs médicaments, et que les producteurs sont tenus, en ce sens, de "mettre en place des mesures résilientes appropriées comme l’accroissement des stocks ou des approvisionnements secondaires pour leurs produits et matières premières", selon l’EMA. Par ailleurs l’agence a entamé une revue de toutes les informations disponibles, à la fois pour les médicaments humains et vétérinaires, afin d'identifier les spécialités qui pourraient être le plus exposées à des risques de rupture. Ce qui permettra de prioriser les mesures éventuelles à prendre en cas de problème.

Aucune sonnette d'alarme en France pour le moment

En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) conduit une analyse de risques depuis mi-février également. A ce stade, aucune remontée de risque avéré ou de rupture n’a été signalée auprès de la Direction générale de la santé (DGS). Des premières conclusions de cette analyse pourraient être rendues publiques avant la fin de cette semaine, selon la DGS.

Si aucune sonnette d’alarme n’a été tirée pour le moment en France, le discours a toutefois changé. Selon un porte-parole, la DGS "ne s’avance plus à dire qu’il n’y aura pas de tension ni de pénurie". Depuis la fin janvier, plusieurs acteurs ont déjà alerté sur de tels risques de pénurie, comme l’Académie nationale de pharmacie ou des associations industrielles de la chimie et de la chimie fine, avec le problème de tensions sur la chaîne d’approvisionnement en raison de la dépendance vis-à-vis de la Chine, notamment, pour certaines matières premières pharmaceutiques. Et aux Etats-Unis, un premier cas de pénurie a été identifié le 28 février dernier.

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