Miel aux propriétés miraculeuses, lampes UV et purificateurs d’air aux vertus insoupçonnées,… les arnaqueurs en tous genres ne manquent pas d’imagination pour profiter de la psychose du Covid-19 et de la peur de la contamination.
"Nous menons des contrôles en ligne à deux niveaux, sur les Marketplaces et les sites illégaux, explique Loïc Tanguy, directeur de cabinet à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Nous avons repéré ces arnaques et demandé aux sites hébergeurs de supprimer la page. Sur les sites, il doit normalement y avoir les contacts."
Réunion des plateformes avec Cédric O
Le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Cédric O recevait mercredi 11 mars, les Marketplaces pour les sensibiliser à ces escroqueries et travailler en concertation, y compris avec les pharmacies en ligne.
La DGCCRF qui travaille notamment avec son équipe de cyber-enquêteurs sur ce sujet a déjà fait fermer certains sites et supprimer des milliers de pages. Les fraudeurs s’adaptent et changent régulièrement de mots clés pour éviter la fermeture de leur site ou la disparition de leur page.
La liste des escroqueries peut parfois faire sourire quand il s’agit de miel ou de spiruline, dont on vante les vertus pour soigner le Covid-19. C’est beaucoup moins amusant lorsqu'il s’agit de "faux médicaments ou faux vaccins, car c’est au mieux de la poudre de perlimpinpin au pire des produits dangereux, prévient Loïc Tanguy. De la chloroquine [un anti-paludique] est aussi vendue comme remède pouvant prévenir le coronavirus."
Même le ministère de la Santé a dû mettre en garde contre l'usage de la cocaïne, manifestement utilisée par certains comme "remède" au Covid-19.
Les masques faux ou périmés
De faux masques sont également disponibles sur la toile, ainsi que des masques périmés datant de la grippe H1N1 (2009), ce qui peut être dangereux. "Les lots sont vendus des dizaines ou des centaines d’euros, précise-t-on à la DGCCRF. Mais il est difficile de savoir combien ont déjà été écoulés. Nous demandons aux plateformes de faire le tri. Et certains réseaux sociaux ont supprimé certaines annonces."
La DGCCRF agit aussi sur les signalements des consommateurs à propos des pratiques frauduleuses avec la plate-forme signal.conso.gouv.fr. Contrairement au chiffre de 8 000 signalements liés à l’épidémie qui a circulé ces derniers jours, et démenti par la Répression des fraudes, seules 200 plaintes concerneraient le coronavirus, dont les trois-quarts visent directement les pharmacies qui pratiquent des prix exorbitants sur les masques et gels hydro-alcooliques. Le bon vieux commerce traditionnel n'est pas toujours plus honnête que la toile.



