Dans son allocution, le 12 mars 2020, le Président de la République Emmanuel Macron a invité les entreprise à mettre en place massivement le télétravail pour limiter les déplacements des salariés et contenir la propagation du Covid-19. Pour les opérateurs télécoms, cela signifie qu’ils vont devoir faire face à une augmentation du trafic sur les réseaux pendant la journée.
Expérience des grèves
"Nous n’avons pas d’inquiétudes, confie à L’Usine Nouvelle Michel Combot, directeur général FFTelecoms, la fédération française des télécoms qui regroupe 17 opérateurs et fournisseurs de services de communication électronique en France, dont Orange, Altice-SFR et Bouygues Telecom mais pas Free. Les réseaux sont déjà dimensionnés pour absorber les pics de trafic. Ces pics se produisent en fin de journée et le soir des usages grand public de télévision et vidéo. Les usages professionnels représentent moins du quart du trafic total. Le télétravail va augmenter le trafic la journée. "
Visioconférence, audioconférence, échanges de fichiers, messagerie, VPN… Autant d’usages qui vont exploser avec le télétravail. Michel Combot se montre serein. "Nous avons l’expérience de gestion des pics de trafic, explique-t-il. Les dernières grèves nous ont appris à y faire face. Le numéro d’appel d’urgence au sujet du Covid-19 nous a amené à redimensionner les bases de données pour répondre à l’afflux massif des appels. Tout cela fait que nous sommes bien préparés à faire face à cette crise. Et, avec la migration vers la fibre, nous disposons en France d’une infrastructure moderne. "
Plans de continuité de service
Les opérateurs télécoms sont des opérateurs d’importance vitale (OIV). Un statut qui les contraint à un cahier des charges strict pour assurer la continuité de service dans des secteurs essentiels comme les établissements de soin ou les services de sécurité. " Tous les opérateurs ont déjà activé depuis des semaines des plans de continuité d’activité, en mettant au télétravail le personnel des activités non essentielles mais en conservant sur sites le personnel dans les fonctions vitales avec de la redondance, précise Michel Combot. Tout est fait pour assurer la continuité des services. "
Quelles vont être les courbes de trafic des nouveaux usages professionnels et comment elles vont évoluer pendant la journée ? C’est la grande inconnue. "Nous devons rester vigilants et prêts à réagir très vite face à des défauts pour reconfigurer le réseau ou réguler le trafic en fonction des usages, souligne Michel Combot. Nous pouvons par exemple baisser la qualité de la vidéo pour les usages grand public et donner la priorité aux usages professionnels. Nous savons le faire. L’enjeu pour les opérateurs est d’être réactifs pour éviter les congestions des réseaux."



