[Coronavirus] Après les masques, la direction de la Santé va-t-elle devoir réquisitionner les respirateurs ?

Les respirateurs artificiels, utilisés notamment pour les patients en insuffisance respiratoire aigüe, sont essentiels dans les cas graves de Covid-19. La Direction générale de la Santé enquête actuellement sur le taux d’équipement hospitalier en France.

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respirateur ventilateur
le premier recours est celui des Les ventilateurs avec masque nasal ou facial permettent d'insuffler de l’oxygène au patient.

En Italie, c’est devenu le problème numéro 1. Face à l’afflux de patients atteints de Covid-19, la maladie liée au coronavirus SARS-CoV-2, et notamment au nombre de malades subissant des formes sévères, les hôpitaux italiens sont débordés et parfois contraints de trier les patients dans un état grave pour les accès à des respirateurs artificiels. Ces équipements sont indispensables au traitement des patients atteints d’insuffisance respiratoire aigüe, complication typique des formes sévères et graves du Covid-19.

Risque de saturation

Alors que la France s’apprête à faire face à une intensification et une accélération de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement s’inquiète de la disponibilité des respirateurs artificiels dans les hôpitaux en France. Emmanuel Macron, le président de la République, a d’ailleurs particulièrement souligné dans son allocution du 12 mars que freiner l’épidémie est une nécessité pour "éviter l’accumulation de patients qui seront en détresse respiratoire dans nos services d’urgence et de réanimation". Le risque étant principalement de faire face à une saturation et donc à une difficulté accrue de soigner les patients. D’autant qu’en l’absence de traitement contre le Covid-19, l’assistance respiratoire est la dernière étape possible pour aider les patients les plus graves à combattre la maladie.

Recensement des respirateurs en France

La Direction générale de l’organisation des soins (DGOS), dépendante de la Direction générale de la Santé et donc du ministère des Solidarités et de la Santé, a lancé ces derniers jours un recensement du nombre de respirateurs installés en France. A ce stade, aucun calendrier n’est précisé pour savoir quand cet état des lieux sera achevé. Ni si le parc installé se montrera suffisant pour le traitement des futurs malades ou si des mesures d’urgence seront à prendre.

"Des respirateurs, on en a en France, mais cela dépend du niveau de l’épidémie", commente Jean-Michel Constantin, secrétaire général adjoint de la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR). "Personne ne sait si on aura plus ou moins de malades qu’en Italie. Nous sommes quinze jours derrière eux en termes d’épidémie et le nombre de cas est sous-estimé, ça va être dur", ajoute-t-il. Selon lui, la DGOS pourrait même envisager de réquisitionner les ventilateurs de la réserve stratégique nationale d’équipements destinés aux menaces de risques nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC). Une information que la DGS n’a toutefois pas confirmé. Au-delà du taux de disponibilité des respirateurs se pose aussi la question de celle des personnels de soins pour encadrer les ventilations artificielles. Or, sur ce sujet, "on manque de personnel", relève Jean-Michel Constantin.

Ventilateurs et respirateurs

Dans le traitement de l’insuffisance respiratoire aigüe, le premier recours est celui des ventilateurs avec masque nasal ou facial pour insuffler de l’oxygène au patient. On parle de ventilation non invasive, qui permet notamment des soins d’urgence ou des soins de transport pour suppléer à une activité respiratoire défaillante d’un malade. Il existe aussi des ventilateurs d’urgence et de transport dits invasifs, équipés d’une sonde d’intubation via la trachée, selon le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem).

L'échelon supérieur de traitement nécessite le recours à un respirateur artificiel. Dans ce cas, le patient est intubé par une sonde nasale ou passant par la trachée, soit par trachéotomie, avec une ventilation assurée par le respirateur. Ce dispositif plus complexe est utilisé notamment dans les services de réanimation en post-opératoire, pour des patients dans le coma mais aussi pour les détresses respiratoires.

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