Le jeudi 12 mars 2020, le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a annoncé le déblocage d’un fonds de 50 millions d’euros pour accompagner les entreprises les plus touchées par la crise du Covid-19. Disponible "dès à présent", ce budget alimentera les aides directes régionales dédiées aux entreprises en difficulté pour un montant de 30 millions d’euros, et des capacités de prêts supplémentaires à Bpifrance pour un montant de 20 millions d’euros. En complément de ces mesures, l’exécutif régional a indiqué qu’il allait assouplir "exceptionnellement" les dispositifs régionaux jusqu’au 31 octobre prochain, via notamment des taux nuls et des allongements de remboursement "jusqu’à six ans".
Un nécessaire soutien des banques
Cependant, l’action seule de la région, "ne suffira pas", a insisté Xavier Bertrand. "Il faut que les banquiers comprennent bien que si leurs clients s’affaiblissent et disparaissent, il y aura, par voie de conséquence, un affaiblissement de notre système bancaire". Selon une enquête réalisée par la CCI auprès de 2 300 entreprises des Hauts-de-France, 61% des entreprises affirment que l'épidémie a eu un impact sur leur activité (baisse du chiffre d'affaires et de la fréquentation, annulation d'événements...).
Au sud du pays, la région Occitanie a décidé de suspendre à compter du 1er avril prochain, et pour une durée de six mois, les remboursements d’avances accordées aux entreprises. Cette mesure, qui porte sur 60 millions d'euros d'encours, concerne 520 entreprises, précise la collectivité. Sa présidente, Carole Delga, a par ailleurs demandé au gouvernement "une exonération des cotisations sociales et fiscales pour les trois prochains mois".

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Un "Pacte de relocalisation"
Dès la semaine dernière, la région Grand Est - particulièrement touchée par le Covid-19 - avait annoncé qu’elle allait mobiliser 15 millions d’euros pour financer des "prêts rebonds" afin de soutenir les entreprises en difficultés conjoncturelles liés à la baisse d’activité ou à une perte de chiffre d’affaires. Par ailleurs, la collectivité territoriale va mettre en place en "Pacte de relocalisation". Une mesure qui vise "à encourager, aider et accompagner les entreprises qui souhaitent rapatrier une partie de leur chaîne d’approvisionnement en région, en France ou en Europe plutôt qu’en Asie".
Avec la crise du Covid-19, qui impacte l'ensemble de l'économie mondiale, la question des chaînes de valeur s'est à nouveau posée de manière aiguë. "Nous souhaitons travailler sur le 'Made in Sud' pour palier la trop grande dépendance de nos entreprises hors des frontières régionales, françaises et européennes, a commenté Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, et également président de l'Association des Régions de France (ARF). "Nous avons d’ailleurs, dans le cadre de notre dispositif 'Région Sud Industrie 4.0' engagé tout un plan d’actions de près de 4,5 millions d’euros par an, nous permettant de travailler sur la digitalisation des processus de production et l’adapter aux enjeux du XXIe siècle", a-t-il-rappelé.
Où l'on reparle du Pacte productif
Il faut des "mesures de très grande urgence pour assurer la liquidité, la trésorerie et le minimum de dépôts de bilan", assurait le jeudi 12 mars le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, lors d'une visite sur la site de la société Grisel, un autocariste implanté à Gisors (Eure). Au-delà des mesures d'urgence, le patron des patrons a à nouveau insisté sur la nécessité "d'actions structurelles de long terme destinées à rendre l'outil productif plus compétitif". Le Pacte productif annoncé par le gouvernement "doit être accéléré et amplifié pour tenir compte de la situation exceptionnelle que nous traversons", a-t-il affirmé.
De leur côté, les élus régionaux doivent rencontrer la mardi 17 mars prochain le Premier ministre pour faire le point sur la situation et évoquer d'éventuelles nouvelles mesures à prendre.



