Mélanger du cognac et des agrumes, tel est le pari relevé depuis juillet 2022 par Deljoy. Cette liqueur, fabriquée à Mainxe-Gondeville (Charente), se distingue par son assemblage de cognac, et d’un mélange de sept agrumes (cédrat, citron, mandarine, orange amère, orange douce, pamplemousse, yuzu) utilisés sous forme de distillats, d’essences et de jus. La recette a nécessité deux ans et demi de travail. Signe du succès, de nouvelles cuves ont été installées en février 2025, afin de suivre la croissance de la production (15000 bouteilles en 2024, contre 500 trois ans plus tôt).
Pour mettre au point son produit, Frédéric Delpeuch, 31 ans, qui a précédemment travaillé dans le conseil puis comme banquier d’affaires, s’est appuyé sur l’entreprise familiale. Depuis 1890, la maison Delpeuch-Joyeux produit du cognac pour son propre compte et pour des tiers. L’installation industrielle existait. «Je me fournis en cognac dans le domaine familial. On peut mieux contrôler la qualité, il y a moins de risques de rupture d’approvisionnement», se satisfait l’entrepreneur,
Un cognac fabriqué par l’entreprise familiale
Frédéric Delpeuch s’est donc orienté vers un cognac 100% ugni blanc, issu de Grande champagne (l’un des six crus de l’appellation Cognac), avec un assemblage d’une moyenne de trois ans de vieillissement. «Ce qu’on recherche dans la liqueur, c’est la fraîcheur, donc on utilise une eau-de-vie distillée sans lies, les corps solides qui résultent de la fermentation alcoolique. Cela apporte plus de finesse», explique-t-il. De plus, les lies se développent lors du vieillissement des eaux-de-vie. Un cahier des charges a été défini spécifiquement pour ce cognac.
Pour les agrumes, plusieurs fournisseurs ont été sélectionnés, afin de réduire les risques de rupture d’approvisionnement. L’un des objectifs est également de s’adapter à l’hétérogénéité des distillats ou essences en fonction des récoltes, comme pour l’orange par exemple. Conformément à la réglementation européenne, la liqueur consiste en un assemblage de distillats et d’essences d’agrumes, avec une adjonction de sucre, Deljoy revendique 170 grammes de sucre par litre, contre 250 à 300g de sucre pour ses concurrents.
Des ventes principalement effectués dans le réseau hors-domicile
Lors de la création de la recette, l’une des difficultés a consisté à passer au stade de la production. «Nous effectuons de la filtration sur plaques de cellulose, différentes des tests menés en laboratoire. Si le produit n’était pas filtré, il ne serait pas translucide», souligne Frédéric Delpeuch. Les températures de filtration diffèrent, également, entre les tests et le matériel utilisé au quotidien.
Autant d’étapes qui n’ont pas empêché Deljoy de tisser sa toile dans le circuit cafés-hôtels-restaurants, où s’effectuent 70% des ventes, principalement dans des bars. Les cavistes représentent, eux, 30% des ventes. Un développement qui s’effectue à pas comptés. «Ce qui est vertueux, c’est une croissance légère mais constante. Cette croissance doit être maîtrisable et autofinancée», rappelle le chef d’entreprise, qui remet ici son ancienne casquette de banquier.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.



