Construire ou réaliser des aménagements en bois français peut relever, pour les collectivités territoriales, de la gageure. Face à l’impossibilité d’imposer l’origine géographique d’un produit, la possibilité de privilégier les matériaux produits localement est limitée. Mais sur la base des critères liés à l’empreinte carbone et à la « traçabilité des bois et objectifs de gestion durable des forêts », il est possible d’introduire des moyens d’y parvenir, affirment les représentants du label Bois de France.
« Dans les appels d’offres, les entreprises peuvent fournir, s’il est demandé, le bilan carbone de leurs produits. Les entreprises qui ont le meilleur bilan ont de fortes chances de recourir à du bois français », explique Jérôme Martinez, responsable label Bois de France. Créé en janvier 2020, il apporte la garantie d’un bois issu de forêts françaises, ainsi que d’une transformation française. L’association regroupe une centaine d’entreprises adhérentes, ainsi que des organisations professionnelles. Elle vient de publier un guide à destination des acteurs de la commande publique.
A partir de 2022, la nouvelle réglementation environnementale RE2020 va rendre obligatoire la réalisation d’analyses de cycle de vie des bâtiments, qui s’appuieront sur les fiches de déclaration environnementales et sanitaires (FDES). Ces documents normalisés présentent les résultats de l’analyse de cycle de vie des produits, ainsi que les informations nécessaires à leur usage (constituants, durée de vie, confort d’usage…) Autant d’informations qui pourront être prises en compte lors de l’examen des candidatures.
Des critères à inclure dans les appels d’offres
« Avec moins de transport, l’empreinte carbone des produits français devrait être meilleure que celle des produits importés, même s'il peut avoir quelques effets de bord dans les régions frontalières. Cela permettra de différencier les offres », explique Jérôme Martinez. Autre argument qui pèse en faveur du bois français selon les promoteurs du label : l’article L2111-1 du code de la commande publique, qui dispose que la nature et l'étendue des besoins à satisfaire doivent prendre en compte des objectifs de développement durable « dans leurs dimensions économique, sociale et environnementale ».
Dans son guide, Bois de France propose aux collectivités de demander aux candidats d’assurer une traçabilité géographique du bois en totalité, de la récolte à la mise en oeuvre (ce que permet le label), de définir un plan de management de la traçabilité, et de le faire vérifier par un organisme certificateur. Les produits candidats au même ouvrage dans un bâtiment (bardage, charpente, fenêtre, plancher…) peuvent être comparés selon leurs données environnementales, et notés selon leur empreinte carbone.
Ces dernières années, le déficit commercial de la filière bois française n’a cessé de s’aggraver, pour atteindre un record de 7,37 milliards d’euros en 2019. La faute, notamment, à une inadéquation entre la demande et les capacités industrielles. « La filière évolue très rapidement », répond Jérôme Martinez, citant notamment les efforts consentis par Piveteau Bois ou Chauvin, avec sa filiale XLam-Industrie, dans le bois lamellé-croisé (CLT).



