[Climato-éthique] Le bois-énergie ultra-marin, l’autre victoire française de la directive renouvelables RED III

La reconnaissance de l’hydrogène bas carbone n’est pas la seule victoire de la France dans les négociations sur la directive européenne sur les énergies renouvelables (RED III). L’utilisation durable de la biomasse dans les outremers a également été adoptée.

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Forêt de Guyane
L'exploitation des connexes d'exploitation durable de la forêt tropicale ou du défrichage est autorisée à des fins énergétiques de manière temporaire dans la RED III.

Fini l’exception guyanaise, qui permettait depuis la précédente directive européennes sur les énergies renouvelables (RED II) d’exploiter la biomasse ligneuse issue des forets tropicales à des fins énergétiques. Dans la RED III, ce sont désormais, temporairement, toutes les régions ultrapériphériques (RUP) de l’Union européenne (Guadeloupe, Guyane, Réunion, Martinique, Mayotte, Saint-Martin, Açores, Madère et îles Canaries) qui bénéficieront de facilités administratives et financières pour l’utilisation à des fins énergétiques de la biomasse issue d’une exploitation durable des forêts tropicales (déchets de l’exploitation du bois construction, défrichage agricole etc.) Et pas uniquement pour produire de la chaleur ou de l’électricité en cogénération mais aussi pour produire du froid, des bioliquides, des biocarburants et carburants « issus de la biomasse ligneuse primaire extraite de manière durable et résultante de l'aménagement du territoire dans une région ultrapériphérique », indique l’amendement 294 h du texte temporaire proposé par la présidence suédoise.

Un « flou juridique »

Une bonne nouvelle pour le Centre spatial guyanais de Kourou, qui porte un ambitieux projet de verdissement à basse de biomasse et de solaire, même si cela ne résoudra pas tous ses problèmes. Mais aussi plus largement pour l'ensemble de la France et l’Espagne, pour les aider à atteindre l’objectif de 42,5 % d’énergies renouvelables en 2030, adopté dans la RED III. « Il faut bien avoir en tête que l'objectif de 42,5 % de parts renouvelables est à voir en énergie finale, c'est-à-dire toute énergie, électricité, carburant, liquide, gaz », rappelait le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, le 30 mars.

Même si le texte final négocié en trilogue le 30 mars n’est pas encore publié, le Syndicat des énergies renouvelables s’est félicité « que l’accord intervenu sur le bois-énergie aboutisse à un compromis équilibré, qui renforce les exigences de durabilité tout en maintenant le caractère renouvelable du bois-énergie et sa contribution à la décarbonation et la lutte contre le changement climatique ». Même l’association écologiste Maiouri Nature Guyane, qui alertait sur le risque de déforestation au profit du centre spatial européen de Kourou, s’est déclarée « rassurée de voir que les dérogations spécifiques à la Guyane et notamment aux activités spatiales que voulaient ajouter la France n’ont pas été maintenues ». Elle continue néanmoins de dénoncer un « flou juridique persistant quant aux normes qui s’appliqueront sur le territoire guyanais ». Dans tous les cas, le fléchage de la biomasse entre production d’énergie thermique, de gaz renouvelable et de biocarburants n’a pas fini de faire débat dans les territoires.

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