La nuit a été longue. Mais après quatorze heures de négociations, députés européens et Etats-membres sont parvenus à arrêter une position commune, jeudi 30 mars, sur la directive sur les énergies renouvelables, révisée pour tenir compte de l’objectif de neutralité carbone en 2050 de l’Union européenne. Les Européens se fixent un nouvel objectif de déploiement des énergies renouvelables. Elles devront représenter 42,5% de leur consommation totale d’énergie en 2030. La cible est incontestablement ambitieuse : jusqu’à présent, l’Union européenne visait seulement 22% de renouvelables à l’horizon 2030. «Cela revient à faire en moins d’une décennie autant que ce qui a été fait depuis 50 ans», pointe le député Renew Pascal Canfin sur Twitter.
L’accord validé en trilogue contient surtout une avancée majeure pour la France : il reconnait de "façon implicite", selon Paris, le rôle du nucléaire dans la réduction des émissions carbone de l’Europe. Un point sur lequel la France se battait depuis des mois, jusqu’à rassembler autour d’elle une coalition de treize Etats européens favorable à l’atome pour faire entendre sa voix. «C’est un changement de paradigme après un travail de longue haleine pour la reconnaissance de la diversité des choix énergétiques en Europe», se félicite la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier Runacher.
Une exemption pour les pays au mix énergétique très décarboné
La France a obtenu gain de cause en partie sur la question de l’hydrogène bas carbone, produit à partir de l’électricité nucléaire. Depuis plusieurs semaines, cette question était l’un des principaux points de tensions des négociations sur le texte entre partisans et détracteurs du nucléaire.
Au final, le compromis défendu par la présidence suédoise et validé autorise les Etats-membres à s’appuyer sur l’hydrogène bas carbone pour atteindre leurs objectifs de réduction des émissions carbone de l’industrie et des transports. Les pays dont le mix énergétique est fortement décarboné pourront réduire de 20% les cibles d’incorporation d’hydrogène renouvelable dans ces secteurs. L’industrie devra utiliser 42% d’hydrogène renouvelable en 2030 et 60% en 2035. Pour la France, cette cible devrait donc être abaissée, autour de 33% en 2030 donc, à condition que Paris développe en parallèle les énergies renouvelables et dispose de 78% au moins d’hydrogène bas carbone. «Les cibles pour l’industrie sont assez difficiles à atteindre. Sans le nucléaire, la France avait peur de ne pas pouvoir atteindre les cibles», reconnaît Inès Bouacida, chercheuse à l’Iddri.

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Même s’il ne place pas hydrogène bas carbone et renouvelable sur un pied d’égalité (ce que réclamait Paris initialement mais était un chiffon rouge pour l’Autriche et l’Allemagne notamment), «c’est clairement un bon accord. La France voulait une reconnaissance de l’hydrogène bas carbone, elle l’a obtenu», approuve le député européen Christophe Grudler, rapporteur du groupe Renew sur le texte. «Cela permet de tenir compte du mix énergétique des pays et de leur situation de départ».
La directive sur les énergies renouvelables était l’un des piliers du plan climat européen Fit for 55. Après l’adoption du paquet gaz, le 28 mars, et les actes délégués présentés par la Commission qui reconnaissait déjà l’hydrogène bas carbone dans les règles d’additionnalité, le cadre pour développer l’hydrogène bas carbone et renouvelable au niveau européen est désormais quasi complet. L’accord en trilogue devra encore être validé une dernière fois par le Parlement et le Conseil.
D’autres textes devraient encore être débattus à Bruxelles ces prochains mois. Mais ils sont moins stratégiques. La banque de l’hydrogène pour l’instant ne prévoit de financer que des projets d’hydrogène renouvelable. De la même façon, le Net zero industry act prend en compte l’hydrogène, mais fabriqué à partir de renouvelables. Il n'est pas dit que Paris désarme sur ces sujets-là. «Je pense important de donner voix au chapitre à tous les Etats qui considèrent que le nucléaire va nous aider à sortir des énergies fossiles», savoure Agnès Pannier-Runacher, qui a prévu d’échanger avec ses partenaires de coalition pro nucléaire «pour se coordonner sur les prochaines étapes».



