Après une longue et intense journée de négociations, la deuxième depuis décembre, la direction de Renault et les quatre organisations syndicales représentatives se sont quittées, jeudi 26 janvier au soir, avec une proposition de la direction à la hauteur des attentes de plusieurs syndicats: une enveloppe de 7,5% de la masse salariale pour les augmentations. Du jamais-vu depuis 1992, indique la direction. En 2022, les NAO avaient abouti à une hausse de 2,6%, seulement. «En pleine crise des semi-conducteurs, Renault avait préféré prioriser la protection collective de salariés», indique le groupe. Qui, compensation pour les salariés, avait lancé cette année-là son plan d’actionnariat salarié. Il y a donc un effet rattrapage dans les NAO 2023.
«La direction a fait des propositions justes, cohérentes, adaptées aux attentes des salariés et à l’avenir, réagit Mariette Rih, déléguée syndicale centrale Force ouvrière. L’entreprise se transforme en profondeur, 2023 sera encore difficile, il était nécessaire de reconnaître l’énergie, les efforts, l’engagement des salariés.»
Enveloppes de 7,5% pour toutes les catégories
Les trois catégories de personnel voient leur enveloppe augmenter dans les mêmes proportions, réparties pour chacune d’elles entre des augmentations salariales à hauteur de 5% et des primes à hauteur de 2,5%. Les ouvriers bénéficieront ainsi d’une augmentation générale de 4% (1% pour les augmentations individuelles), les ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) de 3% (2% pour les augmentations individuelles), les cadres d’augmentations individuelles uniquement, pour une enveloppe de 5%. «Mais nous avons obtenu que 90% des cadres soient concernés par les augmentations individuelles, et qu’elles soient au minimum de 2%, précise Mariette Rih, qui se félicite que les négociations soient allées aussi loin dans le détail pour les cadres. C’est la première fois…»
Les primes, d’un montant moyen de 700 euros, seront versées à tous ceux qui gagnent moins de trois Smic, ce qui concerne aussi les cadres les moins bien payés. Elles prendront la forme d’une prime PEPA (Prime exceptionnelle de pouvoir d'achat) pour certains, d’une amélioration des parts variables pour les cadres. A l’arrivée, les salariés bénéficieront d’une augmentation moyenne d’au moins 110 euros nets par mois, à laquelle s’ajouteront les mesures individuelles.
La direction a par ailleurs reconduit son plan d’actionnariat. 0,7% de la masse salariale servira à acheter des actions proposées aux salariés selon les mêmes modalités qu’en 2022 (6 actions gratuites pour tous, 6 actions offertes pour chaque action achetée, une réduction de 30% sur le prix d’achat à partir d’un certain nombre d’actions). «Avec 7,5% d’augmentations et 0,7% d’actions, on arrive à une hausse globale de 8,2%, calcule Mariette Rih. Force ouvrière revendiquait 8% en début de négociations, donc c’est pas mal…» Les syndicats ont jusqu’au vendredi 3 février pour se prononcer.



