Chez Naval Group, des médiateurs internes résoudront «les petits conflits qui polluent le quotidien»

En 2022, Naval Group pourra s’appuyer sur 10 de ses salariés pour résoudre les conflits interpersonnels sur ses sites industriels. Les volontaires auront suivi une formation spécifique pour endosser ce rôle de médiateur.

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Naval Group Lorient
Les médiateurs professionnels de Naval Group sont recrutés parmi les salariés de l'entreprise.

Pour déminer les querelles entre collègues, Naval Group parie sur la médiation professionnelle. A partir de 2022, 10 salariés de cette entreprise spécialisée dans la construction navale de défense vont endosser, en plus de leur métier, une fonction de médiateur pour tenter de résoudre les conflits interpersonnels. «Ces petits conflits polluent le quotidien d’une organisation, justifie Jacques Ziouziou, le directeur des politiques sociales du groupe, auprès de L'Usine Nouvelle. Ces personnes-ressources seront un gage d’amélioration globale du climat relationnel dans l’entreprise.» Au total, le dispositif pourrait compter une vingtaine de médiateurs d’ici quelques années afin de garantir une présence sur chaque site.

Renouer la communication entre deux salariés en froid ne s’improvise pas. Les salariés souhaitant occuper cette fonction doivent suivre une formation de 14 jours au sein de l’Ecole professionnelle de la formation et de la négociation en vue d’obtenir une certification.

Plus de 50 candidatures

Pour constituer sa première promotion de médiateurs, Naval Group a lancé un appel aux volontaires qui a permis de rassembler plus de 50 candidatures. «Les candidats occupent des fonctions très diverses. Il y a des profils industriels et techniques», assure Jacques Ziouziou. De quoi rassurer les syndicats qui ne voulaient pas que la fonction soit accaparée par le personnel en charge des ressources humaines. « Comme cette tâche est effectuée sur le temps de travail, elle est plus compliquée à assumer pour une personne avec un poste très opérationnel », estime toutefois David Robin, le délégué syndical central de la CFDT chez Naval Group. Selon lui, les médiateurs professionnels auront une utilité et « pourront servir à mettre de l’huile dans les rouages ».

La mesure découle de l’accord national sur la qualité de vie au travail signé en juillet 2020 par les quatre organisations syndicales (CFDT, CGT, Unsa et CFE-CGC) pour une durée de trois ans. La qualité relationnelle dans l'entreprise en est une des thématiques majeures.

Scepticisme

Lors des négociations, certains syndicalistes ont manifesté leur scepticisme envers la mesure, y voyant une manière d’empiéter sur leur rôle. «Mais les médiateurs ne visent pas à les concurrencer, ils sont complémentaires aux représentants du personnel », affirme Jacques Ziouziou. «Nous œuvrons plutôt pour la défense et l’application des droits des salariés dans l’entreprise. De son côté, le médiateur est seulement là pour que deux collègues discutent à nouveau», philosophe David Robin.

Fin novembre, une question devait encore être tranchée pour Jacques Ziouziou : «Il s’agit de savoir si le médiateur peut intervenir sur son site de rattachement, sans être influencé par sa hiérarchie.» A l’avenir, le rôle du médiateur dans la prévention des conflits interpersonnels pourra aussi être étudié.

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