Bruno Le Maire mise sur la chaleur fatale des industriels pour réduire la demande d'énergie

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé, lundi 11 mars sur le site de l’usine GE Healthcare à Buc (Île-de-France), la mise en place d'un fonds pour la récupération de la chaleur fatale et la conversion des gains d'efficacité énergétiques liés aux Contrats de performance énergétique en Certificats d'économie d'énergie. Objectif : mettre les industriels à contribution pour soulager la production énergétique française.

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Bruno Le Maire en visite à l'usine GE Healthcare à Buc
Lors de sa visite de l'usine de fabrication d'équipements d'imagerie médicale GE. Healthcare, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a rappelé l'objectif de l'État de réduire de près de 50% la consommation totale d'énergie de la France d'ici 2050.

«Investissez dans la décarbonation et dans la sobriété, car vous ne pourrez plus compter sur le soutien de l’État en cas d’envolée des prix de l’énergie», a martelé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire lors d’une table ronde avec des chefs d’entreprise, lundi 11 mars dans les locaux de l’usine GE Healthcare à Buc (Île-de-France). Plongé dans une franche réduction des dépenses publiques, Bercy espère enterrer pour de bon son bouclier tarifaire. Pour cela, le ministre de l’Économie lance un nouveau volet d’annonces visant à réduire la pression sur la production française d’énergie. Le patron de Bercy entend notamment mettre à contribution l’industrie à travers deux annonces.

Récupérer la chaleur fatale des usines pour économiser

Le gouvernement lorgne la chaleur fatale de l’industrie – générée par les procédés de fabrication des usines. «Nous dispersons plus de 100 TWh de chaleur par an provenant des industries et des datas centers chaque année, soit environ un quart de la consommation électrique de tous nos compatriotes», justifie Bruno Le Maire. Concrètement, le ministère de l’Économie travaille sur un mécanisme de garantie, via un fond assurantiel, sur la récupération de chaleur fatale. Objectif : récupérer la chaleur produite par les usines afin de la rediffuser sur les réseaux de chaleur. Le dispositif s’appliquerait à l’ensemble des secteurs industriels. Bercy promet une visibilité sur 20 ans pour ces investissements.

Soutenir la trésorerie à travers les CEE

En parallèle, le gouvernement compte inciter les entreprises à effectuer des investissements visant à améliorer leur efficacité énergétique. Il étudie pour cela la mise en place d'un dispositif permettant de convertir directement les gains d’efficacité énergétiques garanties dans le cadre des Contrats de performance énergétique (CPE) en Certificats d'économie d'énergie (CEE).

Les Contrats de performance énergétique (CPE) permettent notamment aux entreprises de rémunérer le fournisseur qu’après la fin des travaux d’efficacité énergétique, sur la base des gains énergétiques obtenus. Les Certificats d’économie d’énergie (CEE), eux, permettent de financer les travaux par les fournisseurs d’énergies. Ces derniers sont légalement tenus de faire économiser 2400 TWh cumac sur la période 2022 – 2025, sous peine de payer des pénalités. En cumulant les deux coups de pouce, Bercy entend alléger la trésorerie des entreprises sans recourir directement à la dépense publique.

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Un rapport sur l'efficacité des aides publiques pour la décarbonation 

Le ministère de l'Économie publiera dès l’été prochain les résultats d’une étude visant à mesurer le rapport entre la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la dépense publique dans les dispositifs de rénovation, de bonus automobile ou de décarbonation de l’industrie. «Pour la seule rénovation énergétique, l’État et les collectivités dépensent plus de 10 milliards d’euros par an. C’est l’équivalent des économies que j’ai demandées à l’État il y a quelques semaines, affirme Bruno Le Maire. Nous devons en avoir pour notre argent en termes d’efficacité énergétique.» Le gouvernement arbitrera sur la base de ce rapport l’augmentation des dépenses vers les solutions offrant les plus fortes baisses d’émissions de gaz à effet de serre – et à réduire les moins efficaces.

L’usine de fabrication d'équipements d'imagerie médicale GE Healthcare, où se tenait la table ronde du ministre de l’Économie, a remplacé 5 000 luminaires par des LED, programmé l’arrêt automatique de toutes ses prises (hors manufacture) à partir de 20 heures ou repeint sa toiture noire en blanc – pour un gain de température en surface de toiture de 30°C. Bilan : une réduction de 35% de sa consommation de gaz et de 20% de sa consommation d’électricité en 5 ans.

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