Même si ce fut long et compliqué, le démonstrateur français BioTFuel l’a prouvé : il est possible de produire du biocarburant à partir de bois. Mais la ressource en biomasse nécessaire est telle que TotalEnergies, pourtant partenaire du projet, avait écarté cette voie pour produire des carburants d’aviation durables (CAD, ou SAF en anglais).
Une start-up française a décidé de relever le défi. Pour passer à l’échelle la technologie BioTFuel, Elyse Energy va l’hybrider à l’hydrogène. « Cela consiste à gazéifier des déchets et résidus forestiers pour obtenir un syngas [gaz de synthèse, ndlr] que l’on enrichit avec de l’hydrogène produit par électrolyse, explique Pascal Pénicaud, son président. On vient ensuite le “processer” via le procédé Fischer-Tropsch, pour fabriquer du kérosène en bout de chaîne. »
Une méthode jugée prometteuse par le consortium BioNext, qui détient la licence de BioTFuel. En 2022, Elyse Energy, le groupe Avril, BioNext, Axens et IFP Investissements ont créé une société, BioTJet, pour passer ce procédé à l’échelle industrielle. Consécration, lors d’un discours chez Safran, le président de la République a annoncé le soutien de l’État pour la construction d’une usine BioTJet à Lacq (Pyrénées-Atlantiques). D’une capacité de 75 000 tonnes de biokérosène, elle entrera en service en 2028. L’investissement s’élèvera à 1 milliard d’euros, coût de la production d’hydrogène vert non compris.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3722 - Septembre 2023



