ArianeGroup décroche la Lune... et deux contrats auprès d’Airbus

ArianeGroup renforce sa place dans les futures missions lunaires. Airbus a attribué deux contrats d’études au leader européen des lanceurs spatiaux.

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Vaisseau orion et station gateway en orbite lunaire lune
ArianeGroup contribue déjà à la propulsion du vaisseau spatial Orion, représenté en images de synthèse à gauche de l'image.

La répartition des rôles se précise pour les futures missions lunaires. Mardi 16 mars, Airbus Defence and Space a attribué deux contrats d’études à ArianeGroup (détenu à 50 % par Airbus et 50 % par Safran). L’entreprise va travailler sur la propulsion des vaisseaux spatiaux qui doivent faire de l’Europe un partenaire indispensable dans la reconquête du satellite naturel de la Terre.

Désigné “architecte propulsion”, ArianeGroup va épauler Airbus sur deux projets : l’alunisseur européen EL3 (European Large Logistics Lander) et le véhicule de transfert CLTV (Cis-Lunar Transfer Vehicle), aussi surnommé “croiseur lunaire” par Airbus. L’Agence spatiale européenne (ESA) a confié au groupe européen le soin de réaliser les premières études dites de phase A/B1 sur ces deux véhicules.

L’Europe, soutien logistique des futures missions lunaires

Vous vous perdez dans les différents projets d’atterrisseurs et de vaisseaux spatiaux en direction de la Lune ? C’est normal. Envoyer des astronautes fouler la surface lunaire va nécessiter une logistique complexe. Les vols habités partiront des États-Unis, avec une fusée, une capsule et un alunisseur américains (même si Airbus et ArianeGroup contribuent à la construction de la capsule). Mais l’Europe compte bien arriver en soutien sur la partie logistique. “On sait aujourd’hui que les atterrisseurs habités américains sont un peu courts en termes de performance”, glisse à L’Usine Nouvelle Silvio Sandrone, directeur des nouveaux programmes d’exploration spatiale chez Airbus.

C’est là qu’interviennent les projets EL3 et CLTV, deux projets qui pourront décoller à bord de la fusée Ariane 6 (qui doit encore réaliser son vol inaugural). Avec une capacité de 1,7 tonne, EL3 pourrait servir à acheminer du matériel, du carburant et des équipements à la surface de la Lune.

De son côté, le CLTV a été imaginé pour ravitailler Gateway, la future station spatiale en orbite lunaire. Le croiseur lunaire pourra transporter des modules de 4,5 tonnes. Airbus lui imagine d’autres fonctionnalités : piloter un alunisseur ou un lanceur entre Gateway et l’orbite lunaire basse, soutenir des missions d’infrastructure en orbite terrestre basse (la Station spatiale internationale approche de sa fin de vie) ou encore assurer des missions dans les services aux satellites géostationnaires.

Une équipe allemande mobilisée

ArianeGroup va mobiliser ses sites allemands pour travailler sur EL3 et CLTV. “Une équipe ArianeGroup des sites de Lampoldshausen, Brême et Ottobrunn apportera son expertise en tant qu’architecte propulsion”, précise l’entreprise dans un communiqué. ArianeGroup précise au passage les caractéristiques d’EL3. Il devra être capable de relier la Terre à l’orbite lunaire en quatre jours. “Après plusieurs jours passés en orbite, la descente vers le satellite naturel de la Terre s’effectuera grâce à des moteurs (jusqu’à 5). Pour garantir un atterrissage de précision, les moteurs seront simultanément modulés en poussée”, indique le constructeur des fusées Ariane. 

Lancements en 2027 et 2028

Il faudra se montrer patient avant de voir ces missions s’envoler. La phase d’étude doit se prolonger jusqu’à la conférence ministérielle de l’ESA de 2022. “Si le concept proposé est approuvé à cette occasion, la prochaine phase pourrait commencer dès le début 2023, donnant ainsi le coup d’envoi de la première tranche du chantier de construction”, ajoute ArianeGroup. Le lancement du CLTV devrait ainsi arriver en 2027 tandis qu’EL3 devrait décoller l'année suivante.

Grâce à ces contributions, l’ESA espère négocier le voyage d’un astronaute européen sur la surface lunaire. L’Europe a déjà décroché trois places pour ses astronautes à bord de la station Gateway. De son côté, la Nasa espère toujours envoyer une équipe de deux astronautes américains sur la surface lunaire dès 2024. Un objectif ultra-ambitieux, qui risque d’être décalé.

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